PALESTINE-AMITIÉ Besançon

04 janvier 2017

Et si 2017 était la BONNE ANNÉE ? celle que nous vous souhaitons


"Il est arrivé un grand petit miracle presque complètement ignoré par les médias : des milliers de femmes juives, musulmanes et chrétiennes ont marché ensemble en Israël pour la paix. Dans la nouvelle vidéo officielle du mouvement pour la paix "Women Wage Peace", la chanteuse israélienne Yael Deckelbaum chante la chanson "Prayer of the Mothers", avec des femmes et des mères de toutes les religions, montrant que la musique est en train de changer et doit changer. Un acte d'amour, un miracle féminin qui vaut mieux que mille mots. Partagez cette nouvelle tout ce que vous pouvez ! Shalom Salam Paix". Anne Flo Vanden Perre

https://www.youtube.com/watch?v=YyFM-pWdqrY&feature=share

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16 décembre 2016

Interview d'un opposant israélien

Ami visiteur de ce blog bonjour,
En ce temps de bousculade, prenez 5 minutes pour lire (lien ci-dessous) le témoignage de cet ancien capitaine de l’armée de l’air israélienne, engagé à présent dans la défense du mouvement BDS pour défendre les Droits humains et ceux des Palestiniens en particulier.
Une réflexion profonde, un cheminement  intéressant…

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Souhaitons-nous quand même un Beau Noël en espérant que  yeux et oreilles s’ouvrent vraiment  de plus en plus de par le monde.

 

lire l 'article sur le site Middle Est Eye

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15 décembre 2016

Voyage 2016 - dimanche 6 novembre

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Pour lire la suite du récit de cette journée cliquez sur : 

page 1 : CR_Voyage_2016_Jour_4__6nov__page_1

page 2 : CR_Voyage_2016_Jour_4__6nov_page_2

page 3 : CR_Voyage_2016_Jour_4__6nov_page_3

page 4 : CR_Voyage_2016_Jour_4__6nov__page_4

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09 décembre 2016

Bulletin Palestine-Amitié n° 7 décembre 2016

Ami visiteur bonjour. Tu peux télécharger le fichier en cliquant sur

https://we.tl/vWzDT3wtzf

 jusqu'au 16 décembre seulement.



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page 1


 

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05 décembre 2016

Voyage 2016 - vendredi 11 novembre

Tulkarem - Ramallah

 

Route pour Tulkarem, distante de 25 km de la côte méditerranéenne. Visite d’une exploitation agricole biologique au pied du Mur d’annexion et d’une usine chimique, avec Fayez Taneeb. Route pour Ramallah. Découverte du centre animé de Ramallah, centre administratif, politique et culturel.  Visite commémorative au mausolée de Yasser Arafat.

Dîner et nuit au Rocky Hotel, Ramallah

 

1 -Dans le bus qui nous mène à TULKAREM

Notre guide du jour, Sabri,  établit une comparaison entre l’apartheid en Afrique du Sud et en Palestine :

-        L’occupation des territoires : Les Noirs Sud-Africains vivaient sur 13 % des territoires répartis en 14 cantons ; les Palestiniens en occupent aujourd’hui 12 % sur 4 cantons.

-        La circulation des personnes : elle était conditionnée pour Les Noirs Sud-Africains à des autorisations  pour se déplacer ; elle se fait pour les Palestiniens via des check-points (600 postes militaires en Cisjordanie)

-        La révolte : en 1976, soulèvement des Noirs Sud-Africains contre l’apartheid ; en 2004, manifestations des Palestiniens à Gaza suivies de répressions.

En 2003-2004, le mur a été construit le long de la route bordant  la Ligne Verte (ligne de démarcation du Territoire de 1967). En 2004, il a été supprimé et reconstruit à l’intérieur. Pourquoi ce changement d’itinéraire du mur ? Pourquoi les Israéliens ont déplacé le mur  vers l’intérieur ?

Le 9 Juillet 2004, la Cour de Justice de La Haye condamne Israël à démolir le mur. Israël est affaibli par le système judiciaire international. Que font les Israéliens ? Deux jours auparavant, ils démontent une partie du mur pour faire croire qu’ils s’inscrivent dans une démarche de minimisation de l’importance de construction du mur.  Les Israéliens reconstruisent ensuite le mur en intégrant 3 villages de la Cisjordanie. Pourquoi ? A cause de la présence de nappes phréatiques ! 3 puits artésiens sont détruits ainsi que 210 entrepôts et commerces de grossiste en fruits et légumes, l’un des 3 villages, Baker Chakieh, étant la plaque tournante du marché en fruits de légumes pour toute la région. En fait, cette décision de justice de la Cour de La Haye n’aura aucun impact sur  la démolition du mur ni sur l’indemnisation des personnes lésées. Israël passe outre, encore une fois, les décisions internationales.

Gisèle nous précise qu’un grand nombre d’oliviers a été planté dans cette zone (entre Tulkarem et Jénine) dans le cadre de la Campagne de plantation d’oliviers menée par Palestine-Amitié en partenariat avec l’association de Dole « Réseau pour une Paix Juste au Proche Orient » : 5000 la première année, 6000 la seconde et 7000 la troisième. Des subventions ont été octroyées par les Conseils généraux du Doubs et du Jura, et par la Région de Franche Comté.

 

 

2- Accueil par Abou Ahmad et Oum Ahmad dans les champs d’oliviers de leur exploitation

Abou Ahmad est le coordinateur local de la campagne pour la plantation d’oliviers  qui a pour objectif de matérialiser la présence des Palestiniens sur leurs terres et de freiner l’extension des colonies. C’est un symbole fort pour les gens ici. Le projet est de planter encore 2000 arbres. Ici, on ne peut cultiver qu’en cultures sèches, contrairement aux plaines où la terre est plus riche. Les paysans sont obligés de mettre en culture des terrains de garrigue pour occuper le terrain et ne pas laisser en fiches, car les Israéliens pourraient les confisquer. Cela représente un gros investissement pour les paysans. Abou Ahmad nous explique que les Israéliens font des lâchers de sangliers pour saccager les plantations des Palestiniens ! La moitié de ses terres se trouve de l’autre côté du mur, c’est-à-dire que les Israéliens cultivent ses oliviers. Certaines terres sont accessibles par des « portes agricoles ». Par exemple, à Tulkarem, il en existe 14 ; cependant, 6 n’ont jamais été ouvertes. Quant aux 8 autres, certaines ouvrent une fois par semaine, d’autres quelques jours par semaine.

Un autre impact de la présence du mur est l’entrave à la circulation des troupeaux. Le mur a aussi des effets néfastes sur l’environnement.

Par exemple, dans la colonie Chahak, en face de nous, se trouve une entreprise de recyclage de pneus qui rejette ses déchets dans la vallée. Tout est fait pour déplacer le centre économique à l’intérieur des terres « La géographie dessine la guerre », dixit Jean-Pierre.

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Nous remarquons que certains arbres ont une étiquette avec le nom du donateur et le numéro de son département, et d’autres, pas. Cet étiquetage se fait à partir de listes. S’il n’y a pas de listes, les paysans ne peuvent pas inscrire les noms, ce qui explique que certains arbres ne soient pas étiquetés.

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Fayez, Abou Ahmad et Ahmad

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L'olivier, face au mur (en bas le long de la route), symbole de résistance

3 - Retour à Tulkarem pour visiter la ferme de Fayez appelée Hakoritna Farm

Fayez est le coordinateur national de la campagne pour la plantation d’oliviers en Palestine. Sa ferme se trouve proche de la ligne verte. Le mur passe à l’intérieur de l’exploitation et 60 % des terres de Fayez se trouvent de l’autre côté du mur. Sa ferme se trouve coincée entre le mur depuis 12 ans et une usine chimique depuis 25 ans.

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Il nous explique que dès 1984, les Israéliens ont construit des zones industrielles et des usines chimiques. Ainsi, cette usine chimique se trouvait sur la côte. Les Israéliens ont protesté car elle était trop proche de leurs résidences. Le gouvernement a approuvé et a fait fermer l’usine… qui a été installée… en bordure de Tulkarem qui compte 85000 Habitants. Ceux-ci ont utilisé les mêmes moyens que les Israéliens, à savoir protestations, pétitions, manifestations  et les mêmes arguments, notamment la présence de cette usine trop proche des habitations. Ils ont porté l’affaire devant les tribunaux qui se sont déclarés… non compétents car l’usine est en Cisjordanie. Ils ont fait analyser les terres par un laboratoire israélien qui ne leur a pas remis les résultats. Il y a des effets nocifs sur les enfants, la stérilité, la survenue de maladies précoces chez des personnes vivant à côté de cette usine.

Cette contrainte a fait prendre conscience à Fayez de la nécessité de changer ses habitudes de production et de travailler de façon biologique.  Il est proche de José Bové, en lien avec les organisations paysannes et membre des Amis de la Terre, organisation reconnue par les Nations Unies. Il travaille de façon bio même s’il n’y a pas de demande locale.

Un panneau à l’entrée de l’exploitation indique que 3 éléments sont essentiels à la vie : l’eau, les aliments et l’énergie. Enfermée  sur 3 côtés par le mur et par l’usine chimique, il explique que la vie se poursuit par l’innovation. De nombreuses pressions pèsent sur lui et sa famille. Exemples : on lui ferme l’accès à son terrain, on coupe les tuyaux d’eau, on détruit 8 000m² de toiles de serres, on pulvérise ses arbres de produits chimiques, on tire dans l’exploitation….

Fayez nous retrace son parcours. Il a 60 ans aujourd’hui, il est marié avec Mouna. Ils ont 4 garçons et 1 fille.

Militant dès 16, 17 ans.

En 1987, il fait partie du syndicat des employés de la commune.

En 2000, il est coordinateur des comités de paysans.

En 2003, il devient membre du comité populaire contre le mur.

En 2006, membre de la délégation palestinienne au Tribunal de La Haye. Il participe aux Nations Unies à des cycles de réunions contre le mur. Il participe aussi au  tribunal international RUSSEL[i][1], d’où est sortie l’idée du million de plantation d’arbres en Palestine. Cela va être étendu à d’autres pays, notamment l’Afrique.

Fayez nous explique ses choix de production. Tulkarem est la plaque tournante en matière de grossistes en fruits et légumes. Pour compenser la suppression de ses 60 % de son exploitation, il a loué un terrain pour faire des serres (tomates, concombres, radis, persil, etc…).

Il cultive 263 variétés de tomates. Un plant, cultivé entre août et mai, peut atteindre 10 m grâce à une judicieuse façon de l’exploiter et de l’attacher. Le risque étant les insectes, il n’utilise pas de pesticide. Il lâche des abeilles qui vont « polléniser » les plants. Chaque boîte contient 120 abeilles. Tous les trois mois, il change de boîte, qu’il doit acheter aux Israéliens, car les Palestiniens n’ont pas le droit d’exploiter les abeilles !

Le vert à l’intérieur des serres contraste étrangement avec le gris, triste et sale, du mur et de l’usine chimique.

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Ses projets :

-        La production de méthane et d’engrais à partir du fumier. C’est expérimental pour l’instant, son but étant de stocker du méthane pour pouvoir chauffer ses serres en hiver.

-        La transformation des produits pour assurer des ventes tout au long de l’année ; sécher les produits grâce à un panneau solaire qui alimente des ventilateurs récupérés sur un ordinateur

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-        L’utilisation de l’eau en circuit fermé à partir d’un grand réservoir d’eau collectée sur l’exploitation (par ex du toit des serres) où seraient placés 5000 poissons dont les excréments se déposeraient au fond et donneraient une fumure très nourrissante. L’eau servirait à arroser les plants dans les serres. Elle serait récupérée, filtrée et pure, et viendrait réoxygéner l’eau contenue dans le grand réservoir. Fayez nous présente le modèle réduit de ce projet avec arrosage de fraises (qui seront sur le marché en février). Cette installation lui permettrait d’être autonome en ressources énergétiques. Il collecte déjà l’eau des toits de ses serres en hiver. En été, l’eau lui coûte 1400 €.

 

Après la visite de la « Hakoritna Farm », nous sommes accueillis dans la maison de Fayez et de son épouse pour un copieux déjeuner suivi d’un « happy birthsday to you ! » (car Fayez a 60 ans aujourd’hui !) … 

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avec petits gâteaux et café et d’échanges d’objets traduisant l’amitié et la reconnaissance de l’autre dans ce combat pour le droit.

 

4 - Départ pour Ramallah : visite du Musée Yasser Arafat et de son mausolée

Ramallah est aujourd’hui la capitale administrative de l’Autorité Palestinienne. Elle capte l’aide internationale. C’est une ville riche avec de grands immeubles et de nombreux chantiers. Elle est habitée par de nombreux internationaux (ONG, etc...)

Elle abritait La Mouqata’a (en quelque sorte l’Elysée) de Yasser Arafat. Aujourd’hui, un musée dédié à sa mémoire et  son mausolée peuvent être visités.

«  Selon l'architecte palestinien, Jaafar Touqan[2],  la conception de ce complexe est censée symboliser le mode de vie spartiate d'Arafat et son sacrifice personnel pour la cause palestinienne…Sur l'esplanade pavée, le mausolée, entouré d’un bassin sur trois côtés, est un cube dont la forme rappelle symboliquement la Kaaba (à La Mecque) et dont le sommet est parcouru de versets coraniques. Ses dimensions, 11 mètres par 11 mètres, évoquent la date de la mort d'Arafat, le 11 novembre. (Extrait de wikipédia) »

Un olivier de l’Esplanade des mosquées est planté ici.

L’eau dans le bassin indique que rien n’est stable pour toujours… ESPOIR

 

 

 

Le Mausolée

Il est écrit :

«  Au leader historique et martyr, Yasser ARAFAT, né le 4/09/1929 et tombé le 11/11/2004 ».

Yasser voulait être enterré à Jérusalem mais les Israéliens ont refusé.

Qui était Yasser ARAFAT ?

Il était l’un des fondateurs du Fatah en 1965 et en devient rapidement le dirigeant, avec sa branche armée Al Assifa (la tempête en arabe).

La bataille de Karameh, en Jordanie, le 21 mars 1968, marque un tournant dans la résistance armée palestinienne et assoit Yasser ARAFAT dans son rôle de leader Palestinien. L’armée israélienne mène une offensive contre ce village qui est une base de la lutte armée palestinienne. Elle doit fuir, laissant derrière elle, chars et blessés. Pour les Palestiniens, c’est une grande victoire politique, même si les pertes humaines sont lourdes.

Après la défaite arabe de 1967 face à Israël, Karameh symbolise la revanche. Les Palestiniens considèrent alors que seule la lutte armée conduira à la libération de la Palestine.

En 1968, Arafat sort de la clandestinité et se présente, habillé en soldat avec un keffieh sur la tête.

Nasser, en Egypte, reconnaît et  soutient Arafat. En 1969, Arafat prend la tête de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et y  restera jusqu’à sa mort.

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Le musée Yasser Arafat

Il retrace l’histoire du peuple palestinien et de son leadership.

De grands panneaux explicatifs situés le long des murs d’un long couloir grimpant donnent des informations très intéressantes et factuelles sur l’histoire de la Palestine. A la lecture de ces documents, on s’aperçoit que l’histoire du conflit israélo-palestinien  ne remonte pas à 1948 avec la création de l’état d’Israël, ni en 1917 avec la déclaration Balfour[3], mais qu’il prend racine dans un grand dessein sioniste, avançant masqué et relayé,  qui a été conçu bien auparavant, au minimum dès la fin du 19ème siècle et qu’il perdure jusqu’à aujourd’hui.

La partie la plus émouvante est certainement la visite (au pas de course !) du Q.G. d’ARAFAT. La grande table, notamment, me rappelle des scènes vues en film, lors d’entretiens de Yasser Arafat dans des moments particulièrement difficiles,  notamment lors qu’il était assiégé.

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Texte de CHRISTINE

Photos de CATHERINE

 


[1] Le Tribunal Russell sur la Palestine est un tribunal d'opinion, fondé en mars 2009, pour « mobiliser les opinions publiques pour que les Nations unies et les États membres prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit »

Son site web : http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/

[2] Jaafar Touqan est l’architecte qui a conçu et réalisé le complexe

[3] La Déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour, le Foreign Secretary britannique. Elle est adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste, aux fins de retransmission.

« Cher Lord Rothschild,

J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations juives et sionistes, déclaration soumise au Parlement et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

Arthur James Balfour 

Source : wikipedia



 

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Conférence Moyen-Orient par Antoine SFEIR

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04 décembre 2016

Voyage 2016 - Dimanche 13 novembre

RAMALLAH- BANI ZAÏD AL SHARQUIAH

Aujourd’hui notre guide est Issa El Shatleh (ingénieur agronome – directeur des programmes de l’ACAD). Delphine de Diwan Voyage nous accompagne également.

Nous quittons l’Hôtel Rocky à 8 heures pour le Centre Pastoral des Melkites pour découvrir les broderies réalisées par les femmes palestiniennes. Nous leur remettons le fil DMC qu’elles apprécient tant. Hélène, française installée en Palestine depuis 50 ans, nous reçoit chaleureusement. Petit café et gâteaux et surtout un baby foot pour le plus grand bonheur de certains !

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Un petit détour dans le vieux Ramallah avant de reprendre la route pour rencontrer des représentants de l’Association des droits de l’homme et de soutien aux prisonniers : ADDAMEER

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Cette association créée en 1992 par un groupe de militants des droits de l’homme rassemble des avocats et juristes. C’est Hanane, la coordinatrice de l’unité des plaidoyers ainsi qu’une juriste française qui nous expliquent le but d’ADDAMEER. Ils sont actuellement 26 employés (dont un est en détention administrative depuis cet été).

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La base de leur travail consiste à apporter des conseils juridiques gratuits exclusivement pour les prisonniers politiques. Ils ont également constitué une base de données concernant les droits des Palestiniens appréciée par l’ONU et font aussi des formations pour les campagnes d’information.

ADDAMEER n’a aucun lien avec l’autorité palestinienne. Ses aides proviennent des organisations internationales. Néanmoins, l’autorité profite de leur fond documentaire.

La banque de données d’ADDAMEER est mise à jour mensuellement depuis 5 ans.

  • - 800 000 Palestiniens ont été arrêtés depuis 1967, soit 20% de la population.
  • - 40% des hommes ont déjà été arrêtés au moins une fois.
  • - Environ 700 enfants sont arrêtés chaque année. Ils sont détenus dans deux prisons (l’une en Israël et l’autre en Cisjordanie). L’accès à l’éducation leur  est très difficile. On leur fait signer des aveux en hébreu, langue inconnue pour eux. Ils sont très perturbés en raison des arrestations nocturnes. L’UNICEF a recommandé à Israël d’arrêter ces pratiques d’arrestations nocturnes. ADDAMEER fait des campagnes auprès de la population et dans les écoles  pour informer les enfants des comportements à adopter en cas d’arrestation (ne jamais signer).
  • - Actuellement il y a 6300 prisonniers politiques. Après avoir effectué les 2/3 de leur peine, les prisonniers politiques peuvent demander une libération ; mais celle-ci est toujours conditionnée à d’autres paramètres. Il n’est pas rare de voir sortir un prisonnier qui sera immédiatement à nouveau arrêté.
  • - 700 sont en détention administrative (soit 75 jours de détention, sans motif et 60 jours sans accès à un avocat). Ces détentions administratives peuvent se prolonger, sans jugement. Elles sont considérées comme un acte de torture. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, a demandé à Israël d’arrêter ces détentions administratives qui ne sont admises internationalement qu’en cas de danger pour la sécurité du pays. A ce jour, la plus longue détention administrative est de 6 ans. Elle est considérée comme une punition collective.
  • - 60 femmes sont actuellement en détention administrative dans deux prisons en Israël. Leur nombre est en augmentation. Les écrits sur les réseaux sociaux (Facebook par exemple) sont souvent à l’origine de leur arrestation.

ADDAMEER intervient essentiellement dans les cas de torture et mauvais traitement infligés aux prisonniers. Les arrestations se font généralement de nuit par l’armée : yeux bandés, allongés à même le sol, insultes, menaces et coups avec les armes. Arrivés au centre d’interrogation, pression psychologique pour obtenir des aveux, menaces de violences sexuelles sur les membres de la famille, destructions de maisons, privations de nourriture ou de sommeil, isolement complet. 

Israël fait également des transferts illégaux de ses prisonniers : 17 prisons sont situées en Israël et une seule en Cisjordanie.  Ces transferts dans le pays de l’occupant sont interdits par les Conventions internationales. Ceci a un impact psychologique énorme. Les permis de visite sont refusés pour les hommes détenus en Israël.

L’ONU établit un rapport annuel, ainsi qu’Amnesty International et Human Right Watch, mais ils n’ont aucun pouvoir pour changer la situation. Les Etats-Unis mettent systématiquement leur veto contre les décisions prises lors des votes à l’ONU.

 

Puis direction Bani Zayd al Sharquiya au nord de Ramallah où nous sommes accueillis par le conseil municipal, un représentant de l’Agence de l’eau de Jérusalem et le directeur de l’ACAD.

Accueil Mairie de Bani Zaïd web

Toute cette équipe a travaillé pour l’aboutissement d’un projet mis en place avec le support de Palestine-Amitié Besançon, la ville de Besançon, la région Franche-Comté et l’Agence de l’Eau française sous la conduite du Centre de Développement Agricole, l’ACAD (dont Issa El Shatleh est le coordinateur et notre interprète). Le but de cette collaboration a été l’adduction d’eau sur 5000 mètres pour connecter 80 maisons au réseau. Il restera après encore une centaine de  maisons à connecter dans cette Municipalité.

Petit discours et remerciements de part et d’autre. Un diaporama permet de visualiser les étapes des travaux effectués. 

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Dicours Gisèle- au Conseil Municipal Bani ZaÏd

L’Agence de l’eau de Jérusalem doit encore poser les compteurs après le lavage interne des tuyaux. Chaque famille acquittera une redevance de 1700 NIS (alors que la totalité s’élève à 4500 NIS, la différence étant prise l’Agence de l’eau de Jérusalem).

L’eau de source sera analysée après adjonction de chlore. Elle sera de meilleure qualité que celle apportée par les citernes. Sans ces travaux, l’eau achetée aux Israéliens était apportée par « tank » (8m3 maxi) et coûtait 200 NIS. 

 Il faut savoir qu’ Israël confisque 84% de l’eau aux Palestiniens (même si elle vient des Territoires palestiniens!).

Gisèle fait le point sur les aspects financiers de cette coopération. Palestine Amitié est le lien entre les différents organismes officiels. Les subventions obtenues ont été versées par acomptes successifs. Les sommes promises vont arriver très prochainement, mais elle rappelle les exigences de l’administration française : 

  • puisque le projet est terminé, toutes les factures sont réclamées ; c’est la Commission Eau de Palestine-Amitié qui présentera le dossier pour obtenir l’argent,
  • les factures doivent être acquittées,
  • l’Agence de l’eau ne versera que le montant réel des coûts de l’opération, même si le budget prévu était plus important.

 

Nous sommes invités à déjeuner avec l’ensemble des participants à cette réunion, après la distribution de cadeaux remis à Gisèle qui est responsable de ce dossier au sein de Palestine-Amitié.

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Toujours à Bani Zayd al Sharqiya, nous partons visiter la Coopérative oléicole biologique. La récolte des olives est maintenant terminée. Le nettoyage va commencer dès que le tank d’eau sera acheminé. 

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Moulin à Huile de Bani Zaïd web

Le bâtiment abritant le pressoir a été financé par diverses associations:

  • 4 coopératives se sont regroupées
  • 120 exploitants adhèrent
  • 70 tonnes d’olives sont pressées
  • Le pressoir (machine d’origine italienne) a été acheté grâce à un prêt : 300 000 $
  • L’ huile est destinée au commerce équitable (dont Andines)
  • 6,5 % du rendement revient à la Coopérative

Cette installation va favoriser le développement local.

Retour à Ramallah. Journée bien remplie, belles rencontres !

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Marie-Odile

 

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Voyage 2016 - samedi 12 novembre

RAMALLAH Région enclavée de BIDDU- et Al-JIB

 

Départ avec ISSA Elshatleh, ingénieur agronome, coordinateur du projet « plantation de 1 million d'oliviers pour la paix en Palestine» auquel Palestine Amitié participe depuis 5 ans et Delphine, jeune française secrétaire à l'agence Diwan.   

 

  • 1er arrêt en surplomb du bourg de Qalandiya . On peut constater  depuis là le morcellement du territoire palestinien opéré par Israël  qui annexe et défigure le pays :

-Le centre du village, séparé d'une partie de son territoire par le Mur, se trouve ainsi "rattaché" à Jérusalem ;

-L'ancien aéroport devenu depuis 2001 une zone de construction et une zone industrielle avec une grande route  qui le coupe et dessert les colonies alentours qui se développent ;

-La construction,  par des promoteurs privés, de logements plus abordables financièrement pour les résidents de Jérusalem venus s’installer dans ce secteur annexé. Les Palestiniens de Jérusalem peuvent ainsi louer ou acheter leur logement à "l'extérieur" du centre ville. Manière «douce» de les faire partir. Formellement ils ne sont pas obligés de partir, mais financièrement...De plus, payant des impôts à Jérusalem, ils gardent leur carte de résidents, mais ne bénéficient d’aucun service municipal. Il y a 3 ou 4 zones de ce type autour de Jérusalem.

(Loyer : 1000 à 1500 dollars  pour 100m2).

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  • 2ème arrêt à Bir Nabala:

-le 25 Août, destruction de 8 maisons, soit 30 logements. Ne pouvaient être construites et ne peuvent être reconstruites, n'étant plus «sur le territoire du village» ! Chaque jour les habitants chassés  ont dressé une tente et protestent sur place.

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Quel projet derrière ces destructions ? On ne sait pas vraiment, nous dit Issa. Encore des colonies peut-être…

Ainsi, des abords de Ramallah, le mur se prolonge en serpentant en une longue ligne allant jusqu’à la colline où se dresse le mausolée de Nabi Samuel.  Dans cette boucle il isole 11 villages palestiniens derrière une zone de colonies. Une route en tranchée et clôturée permet de rejoindre ces villages en passant, par des tunnels, sous les terres agricoles «exploitées» par cette colonie.

La rue principale de la ville de Bir Nabala  où nous marchons s'arrête contre le mur.  Située à 8km au nord-est de Jérusalem, elle était une ville prospère jusqu’en 2006. Actuellement enclavée, tous les commerces et entreprises sont fermés.

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Après Hebron c'est une seconde ville morte que nous parcourons.  Enfants et parents doivent faire plus de 5 km pour aller à  l'école ou au travail. Avec le  fameux check-point de Qalandiya ce sont des trajets de 1 à 3H pour aller de l'autre côté  du mur situé à quelques dizaines de mètres de leur habitation.

 

  • Déplacement ensuite vers le village d’Al Jiib. pour la plantation de 50 oliviers à la mémoire du Docteur Jean  ABBOUD, décédé à Besançon au début de l’année. Exilé de Jaffa en 1948, le mari de Christine n’avait jamais pu retourner en son pays d’origine. Auparavant arrêt au village pour visiter des vestiges attestant de la richesse d’un patrimoine millénaire et d’une activité liée, dans l’antiquité,  à la production de vin. Ce serait le site biblique de Gibeon, revendiqué par les colons voisins nouvellement installés

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Une source au pied du village et du coteau, elle aussi millénaire, permet actuellement d'irriguer les cultures en contrebas mais mériterait d’être restaurée.

 

Le 1er olivier est planté par Christine. Les autres oliviers, espacés de 6m, sont plantés par  tous sur deux parcelles préparées par le propriétaire. Nous nous mettons à la tâche dans une ambiance tout amicale  et en un temps record le champ est planté. Chacun peut alors arroser copieusement son plant à partir des jerricans  apportés sur le champ par le propriétaire et ses enfants.

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Les oliviers ont été achetés à un pépiniériste palestinien de la région de Jénine et transportés spécialement sur le lieu pour cette manifestation toute symbolique. D’ordinaire, les plantations se font un peu plus tard (de décembre à février) pour profiter des pluies de saison. Mais pour cette occasion particulière, le propriétaire et sa famille vont veiller à  ce que l’arrosage soit fait régulièrement pour assurer une bonne reprise des plants..

Cette plantation est symbolique pour 3 raisons :

-A la mémoire de Jean qui a quitté la Palestine à l'âge de 4 ans et qui n'a jamais pu y revenir ;

-Elle est en face d'une colonie, 

- et, de plus, devant le Mur (ici devenu « barrière électrifiée »).

Un beau défi à l’occupation ; un véritable symbole de résistance qui nous rend tous émus !

Une plaque mémorielle est déposée en bordure de la plantation. La plaque définitive en pierre du pays, présentée à Christine au retour en ville, la remplacera.

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Un repas préparé par les propriétaires des terrains agricoles environnants est partagé sous les oliviers.

Il faut aussi noter la présence d'une famille de Bédouins réfugiés, hébergés pour 3 mois sur un terrain jouxtant la plantation. Au terme de ces 3 mois la famille devra changer de lieu d'hébergement et recommencer à construire leur cabane de tôle, de bois, de bric et de broc. Vie d’errance pour eux également…

 

  • Après-midi rencontre avec plusieurs associations :

Rouba ALLAN de l'ACAD (Association de développement agricole) qui, après  avoir travaillé dans le mouvement étudiant, s'est orientée vers le mouvement social :elle nous présente (très succinctement) le programme « de renforcement des capacités des femmes» au sein dé l'association.

Hammad AYACHE de l'association AL NARDA (qui s'occupe du développement au sein de l'ACAD et regroupe plusieurs associations) précise que l'association  participe au programme de plantation d'oliviers symbole de paix et de solidarité : «Notre terre demande la paix que l'on souhaite, dit-il, mais les colons sionistes installés sur notre terre ne contribuent pas à atteindre cet objectif. En 1948  une perspective de deux États est entérinée par les Nations-Unies. Mais Israël ne croit pas à la paix : il nous confisque la terre. Israël travaille aussi dans une perspective inscrite dans la durée pour arriver à ses fins qui est la prise de possession de notre pays. »

 Et il nous livre son message : « Il est donc important, partout dans le monde, de faire pression sur les États pour imposer la création d'un État Palestinien et obtenir les moyens pour financer les projets détruits par les Israéliens

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Une autre association, créée en 1996 et officialisée en 2004, vise plusieurs actions pour les cinq villages enclavés au nord de Jérusalem :

-Aide aux  producteurs agricoles pour une amélioration de leurs pratiques,

-Ferme expérimentale pour apprendre de meilleures pratiques agricoles,

-Ouverture d'un magasin pour la fourniture de produits nécessaires à la production agricole.

-Achat de machines pour accroître la production,

-Développement du savoir-faire en marketing pour accroître les ventes,

-Offre de différentes formations techniques,

-Conseil juridique (avocat) pour la défense des producteurs,

-Travail avec les femmes pour renforcer leurs capacités personnelles et leur permettre d'améliorer leurs conditions de vie (fabrication et vente de produits traditionnels tels le zataar, les champignons confitures, sauce tomate, etc. ....).120 femmes sont concernées,

-Soutien aux étudiantes,

-Travail avec les jeunes pour améliorer leur qualification. Une troupe de théâtre de plein-air, avec un groupe de bénévoles, les aide à préparer leurs examens (25 jeunes ).

-un projet : former à la transformation des produits agricoles pour faire travailler plus de femmes, mieux réguler les marchés, améliorer la nutrition des Palestiniens.

 

L'Association pour la Protection de la Nature proposeunchoix des plantes à cultiver, des arbres à  planter (oliviers, arbres fruitiers, plantes médicinales)

Le captage de la source en contrebas du village d'Al Jib devrait permettre d'installer un goutte à goutte au bénéfice des cultures du village pour accroître les productions et la rentabilité, mais aussi pour occuper le terrain  contre les colons qui voudraient s’en saisir. Le site biblique de Gibeon sur lequel est installé le village leur servant  de prétexte !

Mais les habitants de ce secteur rattaché à Jérusalem, et enclavé au centre de plusieurs colonies,  résistent farouchement et s’attèlent à transformer, à bonifier leur productions agricoles :

«En changeant les modes de production on peut espérer augmenter les revenus des familles, mais aussi avoir des produits pour notre propre marché. Enfin, nous orienter de plus en plus vers une agriculture biologique pour préserver la nature, est dans nos objectifs à court terme», conclut Hammad, instituteur à la retraite, mais pleinement engagé dans la vie sociale de sa communauté.

 

Concernant le captage de la source d'eau, Gisele propose que le dossier soit étudié pour une éventuelle aide française de l'Agence de l'eau. Elle souligne que cette dernière ne finance que des adductions pour les populations et non pour l'irrigation. Il faudrait donc voir si une présentation adéquate du dossier pourrait permettre de le rendre éligible. 

Une autre constatation est faite : l'Autorité palestinienne ne semble pas aider les projets de développement initiés par les associations et la société civile. C'est confirmé. L'Autorité ne finance que les grandes infrastructures et, pour 40 % de son budget, la sécurité.

 

 Enfin, en présence du propriétaire du champ où l’on a planté précédemment les oliviers, des remerciements sont adressés à Christine. « Son geste à la mémoire de Jean est, lui est-il dit,  un grand geste de solidarité avec les Palestiniens pour occuper leur terre ».

 

La journée se termine par une visite à Ramallah, du très beau site et du tout aussi beau musée du poète palestinien  Mahmoud  Darwich.

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JOËL

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Voyage 2016 mercredi 9 novembre

Jericho - Taybeh - Sabastiya

 

 

A 9h, après un petit déjeuner très copieux servis par les femmes du Centre du camp d'Aqabat Jaber, les adieux sont émouvants et nous partons avec Sabri comme guide, pour Jéricho, Taybeh et Sabastiya.

 

Jericho

Nous arrivons à Jericho et apercevons le Mont de la Tentation couronné de ruines romaines. En son milieu, on voit le monastère de la Quarantaine, accessible par un téléphérique.  C'est là que Jésus, au cours de son jeune de 40 jours et 40 nuits, résista à la tentation du diable, selon l'Evangile.

 

Jericho est la ville la plus ancienne du monde (10 000 ans) et la plus basse (- 270m sous le niveau de la mer). Elle est la "ville des palmiers" et son nom en arabe signifie "le parfum". Sabri, archéologue de formation, nous explique qu'on a découvert, grâce aux techniques archéologiques et notamment la stratigraphie (analyse des couches successives d'une coupe verticale des buttes de terrain), les phases successives d'occupation et les premiers remparts de la ville. Selon la Bible, Josué et ses troupes lancés à l’assaut de la ville, suivant le commandement de Dieu, auraient effectué chaque jour pendant 6 jours, un tour de la ville et au septième jour, fait résonner les trompettes : les remparts se seraient alors écroulés. Jericho a appartenu à Cléopâtre, à l'empereur romain Auguste-Octave et a servi de résidence d'hiver à Hérode. C'est un endroit qui dispose d'un véritable micro-climat, très doux en hiver avec peu de pluie, ce qui en fait encore actuellement un lieu privilégié du tourisme local.

 

Nous visitons le "Centre de Mosaïque", organisme à but non lucratif, destiné à protéger et promouvoir le patrimoine palestinien dans les territoires palestiniens, à "lutter contre la colonisation de la mémoire et de l'histoire" (Sabri).

C'est un atelier de formation de mosaïstes, l'objectif étant que ceux-ci travaillent et vivent de leur nouveau métier. Axé d'abord sur la restauration de mosaïques anciennes, le travail se tourne également vers la reproduction de modèles byzantins, et vers la création. Le Centre intègre aussi des anciens prisonniers, des handicapés...

Ce Center a été créé dans les années 2000 grâce à la Coopération italienne et sous la direction du père Michele Piccirillo, historien et archéologue franciscain.

A noter que "l’autorité palestinienne ne soutient pas cette entité, car elle voit d'un mauvais œil que d'autres aient des compétences supérieures à elle" (Sabri).  

Nous rencontrons Rebecca, une jeune française, qui suit pendant un mois une formation de mosaïstes ; étudiante à l'école nationale de photo d'Arles, elle est en résidence d'artistes pour deux mois à Jericho. La confection d'une mosaïque se fait à partir d'un dessin, sur lequel on colle à l'envers les tesselles (petits morceaux de pierre), partie la plus plate sur le dessin, on enduit de plâtre, puis on retourne la mosaïque et on démoule; le dessin se décolle facilement, la colle étant à base de farine.


Nous participons (modestement) à la pose de tesselles  pour créer une copie de la carte de Madaba (mosaïque représentant la plus vieille carte de la Terre Sainte).

Jericho - Centre de Mosaïque - Création d'une copie de la carte de Madaba_web

 

Jericho -Centre de Mosaïque - Création d'une copie de la carte de Madaba

Nous nous rendons ensuite aux ruines du palais Hisham. C'est un palais du 8 ème siècle, de la période omeyyade ; construit vers 730 par le calife Hisham ben Abd-al-Malik, sur la route entre Damas et Jerusalem, à une journée de Jérusalem, il a été détruit en 749 par un tremblement de terre. À l'entrée on découvre une grande étoile hexagonale en pierre, symbole de Jericho, qui surmontait l'entrée du palais. Il se compose de trois parties : une partie résidentielle (le palais), un complexe de bains (hammam, jardins...), le caravansérail. Il était desservi par un système d'irrigation avec de l'eau de source voisine. Les vestiges les plus remarquables sont la mosaïque très bien conservée dite de "l'arbre de vie" et une immense mosaïque récemment mise au jour pour restauration. La visite se termine par le visionnage d'un petit film "Hisham Palace" où l'on peut voir de très belles reconstitutions en 3D du palais.

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Jericho - Palais Hisham - Etoile de Jericho

Nous reprenons la route pour notre prochaine visite à Taybeh. C'est une route de montagne qui suit une crête entre paysage méditerranéen et paysage désertique. Lors d'un arrêt, on voit très bien des campements de bédouins. Il sont environ 20 000 dans la vallée du Jourdain, ils ont été massivement déplacés du désert du Neguev par Israël. Ils ont de grandes difficultés d'accès à l'eau. "D'un côté (Israël) ils ont l'eau, de l'autre la soif..." (Sabri).

Campements de bédouins en zone désertique_web

 

Campements de bédouins en zone désertique

 

Taybeh

Nous arrivons à Taybeh, ("le bon" ou le "bien"), village situé à 920 m d'altitude. Cité dans l'Evangile sous le nom d'Ephraïm, Jesus y a séjourné avec ses disciples. Le village de 1300 habitants, est réputé pour sa production d'huile d'olive et pour sa bière (très bonne !).

Nous sommes reçus au centre d'accueil de l'église latine "Charles de Foucault", tenu par les sœurs de la Sainte Croix de Jerusalem. La table du dîner est mise : en entrée, des petites salades et du houmous, en plat l'inévitable poulet et le riz mais cette fois ci, agrémenté d'une sauce à la corete (en arabe "mloukhié", kh se prononçant r) plante dont le goût ressemble à celui de l'oseille ; en dessert fruits dont des goyaves.

Nous rencontrons ensuite Johnny Abu Khalil, le curé de la paroisse de Taybeh, seul village resté à 100 % chrétien.

Père Johnny Abu Khalil - curé de Taybeh_web

Rencontre avec le Père Johnny Abu Khalil, curé de Taybeh

Ce prêtre de 46 ans a un parcours atypique puisque, natif de Jerusalem, chrétien arabe palestinien, il a fait des études à Paris pour être créateur de mode, son père travaillant dans le textile. Il n'est prêtre que depuis 8 ans, se sentant "plus créateur des âmes que créateur de mode". 

Ses propos, pour un religieux, ont une forte tournure politique compte tenu de la gravité de la situation des Palestiniens. Il a fait des tournées en France, la cause des Palestiniens étant oubliée. Son inquiétude principale est que l'occupation israélienne pousse à l'émigration surtout des chrétiens qui sont passé en Palestine de 48% en 1948 à 0,8% actuellement. Les Israéliens qui œuvrent pour la paix s'en vont eux aussi, remplacés par les colons et les juifs intégristes. Il y a, notamment à Jérusalem, une montée des fondamentalistes, qui mettent en avant la religion, mais qui en sont bien éloignés, d'abord chez les juifs, puis chez les musulmans et chez les chrétiens (avec les évangélistes).

Le curé fait état des difficultés des Palestiniens :

- les questions de circulation, avec les routes fermées, les contrôles aux check-point, les humiliations aux contrôles, les murs : "nous n’avons pas besoin de murs, mais de ponts", dit-il ;

- la question de la "nationalité indéterminée" : pas de passeport palestinien, seulement  carte d'identité avec laisser-passer israélien

- les problèmes de logement à Jérusalem

- les rationnements en eau celle-ci étant accaparée par Israël

....

Son diagnostic est que le sionisme mondial veut créer des états religieux, notamment un état israélien juif et sioniste. Il est très inquiet pour la paix dans le monde, le problème israélo-palestinien étant essentiel à cet égard.

L'analyse et les propos de Johnny Abu Khalil ne sont pas isolés, on peut, conseille-t-il, se référer au document Kairos Palestine (sur internet à l'adresse : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/21/73/59/Documents-textes/Palestine/Kairos-ok.pdf) et on peut retrouver le ton de ses propos dans une interview à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=eyxS30zRYcM.

 

Après cette rencontre, nous visitons avec une sœur de la congrégation, la "Maison des Paraboles". Il s'agit d'une maison traditionnelle palestinienne vieille de 300 ans, son entrée pouvant dater de 2000 ans. En dessous de la porte, est creusé un trou par lequel le visiteur passait la main pour être identifié avant qu'on le laisse pénétrer. La maison est construite sur deux niveau: au niveau inférieur, le logement des animaux, au niveau supérieur, la pièce de la famille divisée en deux espaces par les greniers (à blé, fruits secs, pois chiches, lentilles ...). La maison et les outils agricoles et domestiques, montrent le contexte d'un bon nombre de paraboles de l’Évangile et donne une idée de ce qu'a pu être la crèche de la nativité de Jésus : pas un lieu de fortune, refuge forcé dû au rejet des habitants d’un bourg, mais un lieu d’accueil où la jeune mère a pu, à l’étage inférieur, trouver suffisamment d’intimité pour mettre au monde son enfant….

Taybeh - Maison des paraboles web

Sabastiya

La route passe à proximité de nombreuses colonies qui montrent la stratégie de conquête par Israël des collines entre Taybeh et Naplouse. Nous passons par un carrefour névralgique entre les axes Est-Ouest et Nord-Sud de la Cisjordanie, qui permet aux Israéliens, par un seul point de contrôle, de couper en deux la Cisjordanie. On contourne Naplouse et passons vers d'énormes carrières de pierre, la Palestine est le 10ème exportateur de pierres au monde.

Nous arrivons à Sabastiya, et prenons possession de nos chambres réparties dans deux maisons d'hôtes: la "Mosaïc Guest House" et la "Al Kayed Palace Guest House".

Nous prenons le repas au "Café des Sports": riz + poulet !!!

Catherine et Gérard

 

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Voyage 2016 mardi 8 novembre

Al AZZARIYYAH-JERICHO-Camp de Réfugiés D'AQABAT JABER

 

Après avoir passé deux nuits à Beit Sahour dans la maison 

d'hôtes tenue par l'Association des Femmes Arabes où nous avons pu apprécier le calme, la propreté du lieu et bien sûr l'accueil de ces quatre femmes  chaleureuses et souriantes, le ventre plein après un petit déjeuner varié et surtout de bonnes confitures !!( rien à voir avec celui de l'hôtel Rivoli à Jérusalem) nous partons en direction de Jéricho . 

Avant de prendre le bus, nous visitons en face de la maison d'hôtes le centre d'aide social des femmes. Les bâtiments ont été financés par l'Autorité Palestinienne mais ce centre fonctionne en autofinancement.

En arrivant nous découvrons la crèche dans laquelle une quarantaine de jeunes enfants de 2 mois à 3 ans sont répartis dans différentes petites salles. A l'heure où nous arrivons c'est le moment du petit déjeuner préparé dans l'atelier cuisine à l 'étage.  Certains petits sont un peu effrayés à notre arrivée et se mettent à pleurer.

En cuisine quatre jeunes femmes confectionnent des pâtes, préparent des légumes qui serviront à toute la communauté.

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En sous-sol un atelier papier et un atelier tissage emploient des handicapés. 

Les femmes s'occupent également d'un atelier de cultures de plantes qui seront vendues ensuite sur le marché.

A 9 heures nous sommes tous dans le bus pour prendre la route de contournement de Jérusalem réalisée en 1994  car les Palestiniens ne peuvent pas emprunter les mêmes routes  que les Israéliens. Mustafa, notre guide, nous invite à regarder la vallée encaissée au milieu des rochers du désert de Judée : c'est la vallée du Cédron appelée aussi vallée de feu où vallée de la mort, car il y a beaucoup d'accidents. C'est la route Nord-Sud Jérusalem, Bethléem, Hébron ,Jéricho,

Il nous explique que le Cédron qui se jette dans la mer Morte est complètement asséché car les Israéliens pompent toute l'eau pour les colons. C'est devenu une vallée poubelle où coulent les eaux usées.

Puis nous faisons un arrêt en bordure de route où nous avons une belle vue sur  Jérusalem et nous distinguons très bien le Dôme du Rocher. Ici les Palestiniens  viennent le soir, au coucher du soleil, rêver de Jérusalem qui leur est interdite s'ils n'ont pas une autorisation valable. 

 En 1989  Israël interdit aux Palestiniens d'emprunter cette route de Jérusalem et c'est seulement depuis trois ans qu'ils peuvent à nouveau se rendre ici.

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Puis nous  poursuivons notre route à la rencontre des populations bédouines via le comité populaire de la communauté al Jahalin. Nous sommes reçus sous une tente par Jabal al Baba, le chef du comité, qui nous expose les problèmes rencontrés par sa communauté. 

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Les Bédouins étaient des populations nomades millénaires. En 1948 lors de la création d'Israël le nomadisme est stoppé, les Bédouins sont expulsés du Néguev, deviennent semi-nomades, et se retrouvent coincés au sud de Jérusalem.  Ils vivent  désormais dans des abris de fortune en tôle.

Le roi Hussein de Jordanie a donné du terrain aux Bédouins et le pape Paul VI pour le remercier y fait construire des maisons en 1964. En 1967 débute des exactions pour les chasser de ce lieu qu'on appelle le Mont du Pape,  devenu alors propriété du Vatican. 60 % des terres appartenant à ces Bédouins ont été confisquées par les Israéliens pour  tracer des routes afin de relier les colonies entre elles, ce qui a entraîné des pertes de bétail  car moins de pâturages(500 têtes aujourd'hui contre 4000 avant).

Les militaires utilisent les terres bédouines pour des zones d'entraînement  et les munitions restantes causent de graves accidents chez les enfants.

Ici aussi la source d'eau voisine est pompée pour alimenter les colons voisins alors qu'elle est interdite aux Bédouins qui doivent acheter leur eau aux Israéliens.

Dans ce camp il y a 350 personnes réparties dans 56 familles dont 50 %  ont moins de 14 ans, 

L'année dernière Israël a démoli 37 maisons et cette année 16 ; ils subissent la persécution de l'armée chaque jour mais ils résistent. Seul le centre situé sur le Mont du pape, là où nous sommes reçus,  est protégé mais les maisons plus loin peuvent être détruites par l'armée sans vergogne.

Dans ce camp une complémentarité entre hommes et femmes existait :  les hommes allaient travailler en Israël tandis que les femmes s'occupaient de la fabrication du fromage et développaient de l'artisanat (broderies, etc.). Cela n'est plus aujourd'hui car sont parqués sur ce lieu, avec des troupeaux moindres et sans plus vraiment de travail pour tous.  

Des actions pour les jeunes sont envisagées : développement de l'aide médicale pour formation aux premiers secours, aide aux devoirs, aide à travers l'art ... 

Le chef du comité soulève également un problème important qui est celui du transport des enfants pour se rendre à l'école : actuellement ceux-ci doivent faire à pied  3 km pour  aller à l'école la plus proche. Gisèle prend acte de ses difficultés. Il émet également le souhait de recevoir des personnes voyageant comme nous,  pour échanger sur la vie de sa communauté à travers un film documentaire, voir y passer une nuit ; il aimerait aussi  que le Mont du Pape soit intégré dans le parcours de randonnée du « Sentier d'Abraham ».

(Un tourisme solidaire s'y développe, soutenu par la ville de Besançon qui vient de faire une exposition au centre diocésain  de Besançon « Rencontres sur le sentier d Abraham ») .

 

Nous voilà donc partis en direction de ce Sentier. Pause pique nique   pour se doper avant les 9 km qui nous attendent. De cet endroit nous dominons le monastère de Mar Saba. Saint Saba était un moine originaire de Cappadocce (439-532) qui s'installa en Palestine à  la fin du 5e siècle où il mena une vie d'ascète. Une douzaine de moines orthodoxes y vivent aujourd'hui (une centaine au siècle dernier).

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Après la descente des marches vers la vallée du Cédron, nous sommes « embaumés » par les eaux usées déversées par les Israéliens. Ho hisse ! Ça grimpe sec !!!! la preuve c'est qu'en arrivant sur le plat, Elisabeth constate avec effroi qu'une semelle de sa chaussure est en partie décollée mais Michel fait  preuve d'ingéniosité,  sort sa trousse de secours et répare au mieux à l'aide de sparadrap et bandage...

Puis Mustafa pas du tout inquiété, car le désert regorge « de trésors » surprenants, trouve quelques mètres plus loin  de la ficelle, un sac poubelle, tout le nécessaire pour tenter de préserver les semelles  jusqu'à l'arrivée. Les paysages somptueux du désert de Judée  défilent sous nos yeux, on croirait des dunes de sable du Sahara, mais en fait, ce ne sont que des rochers ! Au loin nous devinons les montagnes de la Jordanie et la Mer morte située à moins de 400 m sous le niveau de la mer. Ce lac salé  s'étend sur 80  km de long et 18 km de large.

Depuis 1980, la Mer Morte a diminué, d'environ 30% (évaporation naturelle qui n'est plus compensée par un apport suffisant en eau en raison des barrages de retenue aux principales sources du Jourdain).

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Pendant cette marche, nous avons été intrigués par la présence de véhicules stationnés dans la vallée. On a bien vite compris de quoi il s'agissait, en entendant de nombreux tirs. Mustafa nous a confirmé que  l'armée israélienne a pour habitude de s'entraîner dans le désert. Par précaution notre guide a modifié, sur l'avis d'un Bédouin rencontré en route, notre trajectoire. Pan pan!!!! des crépitements de toutes parts nous encerclent, ouf une anfractuosité dans la roche permet aux courageux que nous sommes de nous abriter pendant le défoulement des jeunes soldats !On apprend le lendemain par Mustafa qu'il s'agissait de balles « à blanc » : à vérifier peut être !!!!! 

Retenu par un check-point, notre chauffeur arrive à la nuit tombée pour nous récupérer sains et saufs. 

Le bus nous conduit à la mosquée de Nabi Moussa édifiée sous le règne

des mamelouks ; elle  abrite selon la tradition musulmane le cénotaphe du prophète Moïse.  Pendant le mandat britannique, le pèlerinage devint un  évènement politique donnant lieu à des marches de protestation contre le sionisme. Aujourd'hui, les pèlerins se rendent toujours à cet endroit qui est un hâvre de paix offrant la possibilité d'y séjourner quelque temps.

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La journée très riche en émotions et découvertes se termine au Women Center du Camp de réfugiés d'Aqabat Jaber, jumelé avec la ville de Besançon où nous nous posons pour la nuit dans les chambres d'hôtes tenues par les femmes du camp. Des embrassades, des rires, de la joie viennent ponctuer les retrouvailles entre ces femmes venues à Besançon en mai 2016 et une partie du groupe qui les a rencontrées lors de leur séjour franc-comtois.

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À tour de rôle, les sept femmes bénévoles qui animent le camp vont se présenter et préciser leur fonction principale.(cantine école, trésorerie, gestion maison d'hôtes etc. ...). Puis un super repas nous attend et la soirée se poursuit dans une ambiance décontractée. 

Fin de cette belle journée.

Marie France et Elisabeth

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