PALESTINE-AMITIÉ Besançon

05 décembre 2016

Conférence Moyen-Orient par Antoine SFEIR

Affiche conférence A SFEIR 2


 

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CHRONIQUES DE GAZA

 

Invités par Palestine-Amitié, Sarah KATZ et Perre STAMBUL

seront le mercredi 7 décembre à 20 h au Foyer des Oiseaux

pour parler de leur séjour du 23 mai au 9 juin 2016 à Gaza

Chroniques de Gaza couv1web

Chroniques de Gaza couv2web

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04 décembre 2016

Voyage 2016 - Dimanche 13 novembre

RAMALLAH- BANI ZAÏD AL SHARQUIAH

Aujourd’hui notre guide est Issa El Shatleh (ingénieur agronome – directeur des programmes de l’ACAD). Delphine de Diwan Voyage nous accompagne également.

Nous quittons l’Hôtel Rocky à 8 heures pour le Centre Pastoral des Melkites pour découvrir les broderies réalisées par les femmes palestiniennes. Nous leur remettons le fil DMC qu’elles apprécient tant. Hélène, française installée en Palestine depuis 50 ans, nous reçoit chaleureusement. Petit café et gâteaux et surtout un baby foot pour le plus grand bonheur de certains !

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Un petit détour dans le vieux Ramallah avant de reprendre la route pour rencontrer des représentants de l’Association des droits de l’homme et de soutien aux prisonniers : ADDAMEER

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Cette association créée en 1992 par un groupe de militants des droits de l’homme rassemble des avocats et juristes. C’est Hanane, la coordinatrice de l’unité des plaidoyers ainsi qu’une juriste française qui nous expliquent le but d’ADDAMEER. Ils sont actuellement 26 employés (dont un est en détention administrative depuis cet été).

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La base de leur travail consiste à apporter des conseils juridiques gratuits exclusivement pour les prisonniers politiques. Ils ont également constitué une base de données concernant les droits des Palestiniens appréciée par l’ONU et font aussi des formations pour les campagnes d’information.

ADDAMEER n’a aucun lien avec l’autorité palestinienne. Ses aides proviennent des organisations internationales. Néanmoins, l’autorité profite de leur fond documentaire.

La banque de données d’ADDAMEER est mise à jour mensuellement depuis 5 ans.

  • - 800 000 Palestiniens ont été arrêtés depuis 1967, soit 20% de la population.
  • - 40% des hommes ont déjà été arrêtés au moins une fois.
  • - Environ 700 enfants sont arrêtés chaque année. Ils sont détenus dans deux prisons (l’une en Israël et l’autre en Cisjordanie). L’accès à l’éducation leur  est très difficile. On leur fait signer des aveux en hébreu, langue inconnue pour eux. Ils sont très perturbés en raison des arrestations nocturnes. L’UNICEF a recommandé à Israël d’arrêter ces pratiques d’arrestations nocturnes. ADDAMEER fait des campagnes auprès de la population et dans les écoles  pour informer les enfants des comportements à adopter en cas d’arrestation (ne jamais signer).
  • - Actuellement il y a 6300 prisonniers politiques. Après avoir effectué les 2/3 de leur peine, les prisonniers politiques peuvent demander une libération ; mais celle-ci est toujours conditionnée à d’autres paramètres. Il n’est pas rare de voir sortir un prisonnier qui sera immédiatement à nouveau arrêté.
  • - 700 sont en détention administrative (soit 75 jours de détention, sans motif et 60 jours sans accès à un avocat). Ces détentions administratives peuvent se prolonger, sans jugement. Elles sont considérées comme un acte de torture. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, a demandé à Israël d’arrêter ces détentions administratives qui ne sont admises internationalement qu’en cas de danger pour la sécurité du pays. A ce jour, la plus longue détention administrative est de 6 ans. Elle est considérée comme une punition collective.
  • - 60 femmes sont actuellement en détention administrative dans deux prisons en Israël. Leur nombre est en augmentation. Les écrits sur les réseaux sociaux (Facebook par exemple) sont souvent à l’origine de leur arrestation.

ADDAMEER intervient essentiellement dans les cas de torture et mauvais traitement infligés aux prisonniers. Les arrestations se font généralement de nuit par l’armée : yeux bandés, allongés à même le sol, insultes, menaces et coups avec les armes. Arrivés au centre d’interrogation, pression psychologique pour obtenir des aveux, menaces de violences sexuelles sur les membres de la famille, destructions de maisons, privations de nourriture ou de sommeil, isolement complet. 

Israël fait également des transferts illégaux de ses prisonniers : 17 prisons sont situées en Israël et une seule en Cisjordanie.  Ces transferts dans le pays de l’occupant sont interdits par les Conventions internationales. Ceci a un impact psychologique énorme. Les permis de visite sont refusés pour les hommes détenus en Israël.

L’ONU établit un rapport annuel, ainsi qu’Amnesty International et Human Right Watch, mais ils n’ont aucun pouvoir pour changer la situation. Les Etats-Unis mettent systématiquement leur veto contre les décisions prises lors des votes à l’ONU.

 

Puis direction Bani Zayd al Sharquiya au nord de Ramallah où nous sommes accueillis par le conseil municipal, un représentant de l’Agence de l’eau de Jérusalem et le directeur de l’ACAD.

Accueil Mairie de Bani Zaïd web

Toute cette équipe a travaillé pour l’aboutissement d’un projet mis en place avec le support de Palestine-Amitié Besançon, la ville de Besançon, la région Franche-Comté et l’Agence de l’Eau française sous la conduite du Centre de Développement Agricole, l’ACAD (dont Issa El Shatleh est le coordinateur et notre interprète). Le but de cette collaboration a été l’adduction d’eau sur 5000 mètres pour connecter 80 maisons au réseau. Il restera après encore une centaine de  maisons à connecter dans cette Municipalité.

Petit discours et remerciements de part et d’autre. Un diaporama permet de visualiser les étapes des travaux effectués. 

mairie Bani Zaïd Projection travauxweb

Dicours Gisèle- au Conseil Municipal Bani ZaÏd

L’Agence de l’eau de Jérusalem doit encore poser les compteurs après le lavage interne des tuyaux. Chaque famille acquittera une redevance de 1700 NIS (alors que la totalité s’élève à 4500 NIS, la différence étant prise l’Agence de l’eau de Jérusalem).

L’eau de source sera analysée après adjonction de chlore. Elle sera de meilleure qualité que celle apportée par les citernes. Sans ces travaux, l’eau achetée aux Israéliens était apportée par « tank » (8m3 maxi) et coûtait 200 NIS. 

 Il faut savoir qu’ Israël confisque 84% de l’eau aux Palestiniens (même si elle vient des Territoires palestiniens!).

Gisèle fait le point sur les aspects financiers de cette coopération. Palestine Amitié est le lien entre les différents organismes officiels. Les subventions obtenues ont été versées par acomptes successifs. Les sommes promises vont arriver très prochainement, mais elle rappelle les exigences de l’administration française : 

  • puisque le projet est terminé, toutes les factures sont réclamées ; c’est la Commission Eau de Palestine-Amitié qui présentera le dossier pour obtenir l’argent,
  • les factures doivent être acquittées,
  • l’Agence de l’eau ne versera que le montant réel des coûts de l’opération, même si le budget prévu était plus important.

 

Nous sommes invités à déjeuner avec l’ensemble des participants à cette réunion, après la distribution de cadeaux remis à Gisèle qui est responsable de ce dossier au sein de Palestine-Amitié.

Mairie BaniZaïd Remise cadeaux web

Toujours à Bani Zayd al Sharqiya, nous partons visiter la Coopérative oléicole biologique. La récolte des olives est maintenant terminée. Le nettoyage va commencer dès que le tank d’eau sera acheminé. 

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Moulin à Huile de Bani Zaïd web

Le bâtiment abritant le pressoir a été financé par diverses associations:

  • 4 coopératives se sont regroupées
  • 120 exploitants adhèrent
  • 70 tonnes d’olives sont pressées
  • Le pressoir (machine d’origine italienne) a été acheté grâce à un prêt : 300 000 $
  • L’ huile est destinée au commerce équitable (dont Andines)
  • 6,5 % du rendement revient à la Coopérative

Cette installation va favoriser le développement local.

Retour à Ramallah. Journée bien remplie, belles rencontres !

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Marie-Odile

 

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Voyage 2016 - samedi 12 novembre

RAMALLAH Région enclavée de BIDDU- et Al-JIB

 

Départ avec ISSA Elshatleh, ingénieur agronome, coordinateur du projet « plantation de 1 million d'oliviers pour la paix en Palestine» auquel Palestine Amitié participe depuis 5 ans et Delphine, jeune française secrétaire à l'agence Diwan.   

 

  • 1er arrêt en surplomb du bourg de Qalandiya . On peut constater  depuis là le morcellement du territoire palestinien opéré par Israël  qui annexe et défigure le pays :

-Le centre du village, séparé d'une partie de son territoire par le Mur, se trouve ainsi "rattaché" à Jérusalem ;

-L'ancien aéroport devenu depuis 2001 une zone de construction et une zone industrielle avec une grande route  qui le coupe et dessert les colonies alentours qui se développent ;

-La construction,  par des promoteurs privés, de logements plus abordables financièrement pour les résidents de Jérusalem venus s’installer dans ce secteur annexé. Les Palestiniens de Jérusalem peuvent ainsi louer ou acheter leur logement à "l'extérieur" du centre ville. Manière «douce» de les faire partir. Formellement ils ne sont pas obligés de partir, mais financièrement...De plus, payant des impôts à Jérusalem, ils gardent leur carte de résidents, mais ne bénéficient d’aucun service municipal. Il y a 3 ou 4 zones de ce type autour de Jérusalem.

(Loyer : 1000 à 1500 dollars  pour 100m2).

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  • 2ème arrêt à Bir Nabala:

-le 25 Août, destruction de 8 maisons, soit 30 logements. Ne pouvaient être construites et ne peuvent être reconstruites, n'étant plus «sur le territoire du village» ! Chaque jour les habitants chassés  ont dressé une tente et protestent sur place.

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Quel projet derrière ces destructions ? On ne sait pas vraiment, nous dit Issa. Encore des colonies peut-être…

Ainsi, des abords de Ramallah, le mur se prolonge en serpentant en une longue ligne allant jusqu’à la colline où se dresse le mausolée de Nabi Samuel.  Dans cette boucle il isole 11 villages palestiniens derrière une zone de colonies. Une route en tranchée et clôturée permet de rejoindre ces villages en passant, par des tunnels, sous les terres agricoles «exploitées» par cette colonie.

La rue principale de la ville de Bir Nabala  où nous marchons s'arrête contre le mur.  Située à 8km au nord-est de Jérusalem, elle était une ville prospère jusqu’en 2006. Actuellement enclavée, tous les commerces et entreprises sont fermés.

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Après Hebron c'est une seconde ville morte que nous parcourons.  Enfants et parents doivent faire plus de 5 km pour aller à  l'école ou au travail. Avec le  fameux check-point de Qalandiya ce sont des trajets de 1 à 3H pour aller de l'autre côté  du mur situé à quelques dizaines de mètres de leur habitation.

 

  • Déplacement ensuite vers le village d’Al Jiib. pour la plantation de 50 oliviers à la mémoire du Docteur Jean  ABBOUD, décédé à Besançon au début de l’année. Exilé de Jaffa en 1948, le mari de Christine n’avait jamais pu retourner en son pays d’origine. Auparavant arrêt au village pour visiter des vestiges attestant de la richesse d’un patrimoine millénaire et d’une activité liée, dans l’antiquité,  à la production de vin. Ce serait le site biblique de Gibeon, revendiqué par les colons voisins nouvellement installés

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Une source au pied du village et du coteau, elle aussi millénaire, permet actuellement d'irriguer les cultures en contrebas mais mériterait d’être restaurée.

 

Le 1er olivier est planté par Christine. Les autres oliviers, espacés de 6m, sont plantés par  tous sur deux parcelles préparées par le propriétaire. Nous nous mettons à la tâche dans une ambiance tout amicale  et en un temps record le champ est planté. Chacun peut alors arroser copieusement son plant à partir des jerricans  apportés sur le champ par le propriétaire et ses enfants.

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Les oliviers ont été achetés à un pépiniériste palestinien de la région de Jénine et transportés spécialement sur le lieu pour cette manifestation toute symbolique. D’ordinaire, les plantations se font un peu plus tard (de décembre à février) pour profiter des pluies de saison. Mais pour cette occasion particulière, le propriétaire et sa famille vont veiller à  ce que l’arrosage soit fait régulièrement pour assurer une bonne reprise des plants..

Cette plantation est symbolique pour 3 raisons :

-A la mémoire de Jean qui a quitté la Palestine à l'âge de 4 ans et qui n'a jamais pu y revenir ;

-Elle est en face d'une colonie, 

- et, de plus, devant le Mur (ici devenu « barrière électrifiée »).

Un beau défi à l’occupation ; un véritable symbole de résistance qui nous rend tous émus !

Une plaque mémorielle est déposée en bordure de la plantation. La plaque définitive en pierre du pays, présentée à Christine au retour en ville, la remplacera.

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Un repas préparé par les propriétaires des terrains agricoles environnants est partagé sous les oliviers.

Il faut aussi noter la présence d'une famille de Bédouins réfugiés, hébergés pour 3 mois sur un terrain jouxtant la plantation. Au terme de ces 3 mois la famille devra changer de lieu d'hébergement et recommencer à construire leur cabane de tôle, de bois, de bric et de broc. Vie d’errance pour eux également…

 

  • Après-midi rencontre avec plusieurs associations :

Rouba ALLAN de l'ACAD (Association de développement agricole) qui, après  avoir travaillé dans le mouvement étudiant, s'est orientée vers le mouvement social :elle nous présente (très succinctement) le programme « de renforcement des capacités des femmes» au sein dé l'association.

Hammad AYACHE de l'association AL NARDA (qui s'occupe du développement au sein de l'ACAD et regroupe plusieurs associations) précise que l'association  participe au programme de plantation d'oliviers symbole de paix et de solidarité : «Notre terre demande la paix que l'on souhaite, dit-il, mais les colons sionistes installés sur notre terre ne contribuent pas à atteindre cet objectif. En 1948  une perspective de deux États est entérinée par les Nations-Unies. Mais Israël ne croit pas à la paix : il nous confisque la terre. Israël travaille aussi dans une perspective inscrite dans la durée pour arriver à ses fins qui est la prise de possession de notre pays. »

 Et il nous livre son message : « Il est donc important, partout dans le monde, de faire pression sur les États pour imposer la création d'un État Palestinien et obtenir les moyens pour financer les projets détruits par les Israéliens

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Une autre association, créée en 1996 et officialisée en 2004, vise plusieurs actions pour les cinq villages enclavés au nord de Jérusalem :

-Aide aux  producteurs agricoles pour une amélioration de leurs pratiques,

-Ferme expérimentale pour apprendre de meilleures pratiques agricoles,

-Ouverture d'un magasin pour la fourniture de produits nécessaires à la production agricole.

-Achat de machines pour accroître la production,

-Développement du savoir-faire en marketing pour accroître les ventes,

-Offre de différentes formations techniques,

-Conseil juridique (avocat) pour la défense des producteurs,

-Travail avec les femmes pour renforcer leurs capacités personnelles et leur permettre d'améliorer leurs conditions de vie (fabrication et vente de produits traditionnels tels le zataar, les champignons confitures, sauce tomate, etc. ....).120 femmes sont concernées,

-Soutien aux étudiantes,

-Travail avec les jeunes pour améliorer leur qualification. Une troupe de théâtre de plein-air, avec un groupe de bénévoles, les aide à préparer leurs examens (25 jeunes ).

-un projet : former à la transformation des produits agricoles pour faire travailler plus de femmes, mieux réguler les marchés, améliorer la nutrition des Palestiniens.

 

L'Association pour la Protection de la Nature proposeunchoix des plantes à cultiver, des arbres à  planter (oliviers, arbres fruitiers, plantes médicinales)

Le captage de la source en contrebas du village d'Al Jib devrait permettre d'installer un goutte à goutte au bénéfice des cultures du village pour accroître les productions et la rentabilité, mais aussi pour occuper le terrain  contre les colons qui voudraient s’en saisir. Le site biblique de Gibeon sur lequel est installé le village leur servant  de prétexte !

Mais les habitants de ce secteur rattaché à Jérusalem, et enclavé au centre de plusieurs colonies,  résistent farouchement et s’attèlent à transformer, à bonifier leur productions agricoles :

«En changeant les modes de production on peut espérer augmenter les revenus des familles, mais aussi avoir des produits pour notre propre marché. Enfin, nous orienter de plus en plus vers une agriculture biologique pour préserver la nature, est dans nos objectifs à court terme», conclut Hammad, instituteur à la retraite, mais pleinement engagé dans la vie sociale de sa communauté.

 

Concernant le captage de la source d'eau, Gisele propose que le dossier soit étudié pour une éventuelle aide française de l'Agence de l'eau. Elle souligne que cette dernière ne finance que des adductions pour les populations et non pour l'irrigation. Il faudrait donc voir si une présentation adéquate du dossier pourrait permettre de le rendre éligible. 

Une autre constatation est faite : l'Autorité palestinienne ne semble pas aider les projets de développement initiés par les associations et la société civile. C'est confirmé. L'Autorité ne finance que les grandes infrastructures et, pour 40 % de son budget, la sécurité.

 

 Enfin, en présence du propriétaire du champ où l’on a planté précédemment les oliviers, des remerciements sont adressés à Christine. « Son geste à la mémoire de Jean est, lui est-il dit,  un grand geste de solidarité avec les Palestiniens pour occuper leur terre ».

 

La journée se termine par une visite à Ramallah, du très beau site et du tout aussi beau musée du poète palestinien  Mahmoud  Darwich.

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JOËL

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Voyage 2016 vendredi 11 novembre

Pour lire ces pages de Christine ABBOUD, cliquer sur la page 1 et naviguer avec les flèches de votre clavier.

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Jour 9 page 7 début page 7.1

Jour 9 page 7 fin page 7.2

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Voyage 2016 mercredi 9 novembre

Jericho - Taybeh - Sabastiya

 

 

A 9h, après un petit déjeuner très copieux servis par les femmes du Centre du camp d'Aqabat Jaber, les adieux sont émouvants et nous partons avec Sabri comme guide, pour Jéricho, Taybeh et Sabastiya.

 

Jericho

Nous arrivons à Jericho et apercevons le Mont de la Tentation couronné de ruines romaines. En son milieu, on voit le monastère de la Quarantaine, accessible par un téléphérique.  C'est là que Jésus, au cours de son jeune de 40 jours et 40 nuits, résista à la tentation du diable, selon l'Evangile.

 

Jericho est la ville la plus ancienne du monde (10 000 ans) et la plus basse (- 270m sous le niveau de la mer). Elle est la "ville des palmiers" et son nom en arabe signifie "le parfum". Sabri, archéologue de formation, nous explique qu'on a découvert, grâce aux techniques archéologiques et notamment la stratigraphie (analyse des couches successives d'une coupe verticale des buttes de terrain), les phases successives d'occupation et les premiers remparts de la ville. Selon la Bible, Josué et ses troupes lancés à l’assaut de la ville, suivant le commandement de Dieu, auraient effectué chaque jour pendant 6 jours, un tour de la ville et au septième jour, fait résonner les trompettes : les remparts se seraient alors écroulés. Jericho a appartenu à Cléopâtre, à l'empereur romain Auguste-Octave et a servi de résidence d'hiver à Hérode. C'est un endroit qui dispose d'un véritable micro-climat, très doux en hiver avec peu de pluie, ce qui en fait encore actuellement un lieu privilégié du tourisme local.

 

Nous visitons le "Centre de Mosaïque", organisme à but non lucratif, destiné à protéger et promouvoir le patrimoine palestinien dans les territoires palestiniens, à "lutter contre la colonisation de la mémoire et de l'histoire" (Sabri).

C'est un atelier de formation de mosaïstes, l'objectif étant que ceux-ci travaillent et vivent de leur nouveau métier. Axé d'abord sur la restauration de mosaïques anciennes, le travail se tourne également vers la reproduction de modèles byzantins, et vers la création. Le Centre intègre aussi des anciens prisonniers, des handicapés...

Ce Center a été créé dans les années 2000 grâce à la Coopération italienne et sous la direction du père Michele Piccirillo, historien et archéologue franciscain.

A noter que "l’autorité palestinienne ne soutient pas cette entité, car elle voit d'un mauvais œil que d'autres aient des compétences supérieures à elle" (Sabri).  

Nous rencontrons Rebecca, une jeune française, qui suit pendant un mois une formation de mosaïstes ; étudiante à l'école nationale de photo d'Arles, elle est en résidence d'artistes pour deux mois à Jericho. La confection d'une mosaïque se fait à partir d'un dessin, sur lequel on colle à l'envers les tesselles (petits morceaux de pierre), partie la plus plate sur le dessin, on enduit de plâtre, puis on retourne la mosaïque et on démoule; le dessin se décolle facilement, la colle étant à base de farine.


Nous participons (modestement) à la pose de tesselles  pour créer une copie de la carte de Madaba (mosaïque représentant la plus vieille carte de la Terre Sainte).

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Jericho -Centre de Mosaïque - Création d'une copie de la carte de Madaba

Nous nous rendons ensuite aux ruines du palais Hisham. C'est un palais du 8 ème siècle, de la période omeyyade ; construit vers 730 par le calife Hisham ben Abd-al-Malik, sur la route entre Damas et Jerusalem, à une journée de Jérusalem, il a été détruit en 749 par un tremblement de terre. À l'entrée on découvre une grande étoile hexagonale en pierre, symbole de Jericho, qui surmontait l'entrée du palais. Il se compose de trois parties : une partie résidentielle (le palais), un complexe de bains (hammam, jardins...), le caravansérail. Il était desservi par un système d'irrigation avec de l'eau de source voisine. Les vestiges les plus remarquables sont la mosaïque très bien conservée dite de "l'arbre de vie" et une immense mosaïque récemment mise au jour pour restauration. La visite se termine par le visionnage d'un petit film "Hisham Palace" où l'on peut voir de très belles reconstitutions en 3D du palais.

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Jericho - Palais Hisham - Etoile de Jericho

Nous reprenons la route pour notre prochaine visite à Taybeh. C'est une route de montagne qui suit une crête entre paysage méditerranéen et paysage désertique. Lors d'un arrêt, on voit très bien des campements de bédouins. Il sont environ 20 000 dans la vallée du Jourdain, ils ont été massivement déplacés du désert du Neguev par Israël. Ils ont de grandes difficultés d'accès à l'eau. "D'un côté (Israël) ils ont l'eau, de l'autre la soif..." (Sabri).

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Campements de bédouins en zone désertique

 

Taybeh

Nous arrivons à Taybeh, ("le bon" ou le "bien"), village situé à 920 m d'altitude. Cité dans l'Evangile sous le nom d'Ephraïm, Jesus y a séjourné avec ses disciples. Le village de 1300 habitants, est réputé pour sa production d'huile d'olive et pour sa bière (très bonne !).

Nous sommes reçus au centre d'accueil de l'église latine "Charles de Foucault", tenu par les sœurs de la Sainte Croix de Jerusalem. La table du dîner est mise : en entrée, des petites salades et du houmous, en plat l'inévitable poulet et le riz mais cette fois ci, agrémenté d'une sauce à la corete (en arabe "mloukhié", kh se prononçant r) plante dont le goût ressemble à celui de l'oseille ; en dessert fruits dont des goyaves.

Nous rencontrons ensuite Johnny Abu Khalil, le curé de la paroisse de Taybeh, seul village resté à 100 % chrétien.

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Rencontre avec le Père Johnny Abu Khalil, curé de Taybeh

Ce prêtre de 46 ans a un parcours atypique puisque, natif de Jerusalem, chrétien arabe palestinien, il a fait des études à Paris pour être créateur de mode, son père travaillant dans le textile. Il n'est prêtre que depuis 8 ans, se sentant "plus créateur des âmes que créateur de mode". 

Ses propos, pour un religieux, ont une forte tournure politique compte tenu de la gravité de la situation des Palestiniens. Il a fait des tournées en France, la cause des Palestiniens étant oubliée. Son inquiétude principale est que l'occupation israélienne pousse à l'émigration surtout des chrétiens qui sont passé en Palestine de 48% en 1948 à 0,8% actuellement. Les Israéliens qui œuvrent pour la paix s'en vont eux aussi, remplacés par les colons et les juifs intégristes. Il y a, notamment à Jérusalem, une montée des fondamentalistes, qui mettent en avant la religion, mais qui en sont bien éloignés, d'abord chez les juifs, puis chez les musulmans et chez les chrétiens (avec les évangélistes).

Le curé fait état des difficultés des Palestiniens :

- les questions de circulation, avec les routes fermées, les contrôles aux check-point, les humiliations aux contrôles, les murs : "nous n’avons pas besoin de murs, mais de ponts", dit-il ;

- la question de la "nationalité indéterminée" : pas de passeport palestinien, seulement  carte d'identité avec laisser-passer israélien

- les problèmes de logement à Jérusalem

- les rationnements en eau celle-ci étant accaparée par Israël

....

Son diagnostic est que le sionisme mondial veut créer des états religieux, notamment un état israélien juif et sioniste. Il est très inquiet pour la paix dans le monde, le problème israélo-palestinien étant essentiel à cet égard.

L'analyse et les propos de Johnny Abu Khalil ne sont pas isolés, on peut, conseille-t-il, se référer au document Kairos Palestine (sur internet à l'adresse : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/21/73/59/Documents-textes/Palestine/Kairos-ok.pdf) et on peut retrouver le ton de ses propos dans une interview à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=eyxS30zRYcM.

 

Après cette rencontre, nous visitons avec une sœur de la congrégation, la "Maison des Paraboles". Il s'agit d'une maison traditionnelle palestinienne vieille de 300 ans, son entrée pouvant dater de 2000 ans. En dessous de la porte, est creusé un trou par lequel le visiteur passait la main pour être identifié avant qu'on le laisse pénétrer. La maison est construite sur deux niveau: au niveau inférieur, le logement des animaux, au niveau supérieur, la pièce de la famille divisée en deux espaces par les greniers (à blé, fruits secs, pois chiches, lentilles ...). La maison et les outils agricoles et domestiques, montrent le contexte d'un bon nombre de paraboles de l’Évangile et donne une idée de ce qu'a pu être la crèche de la nativité de Jésus : pas un lieu de fortune, refuge forcé dû au rejet des habitants d’un bourg, mais un lieu d’accueil où la jeune mère a pu, à l’étage inférieur, trouver suffisamment d’intimité pour mettre au monde son enfant….

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Sabastiya

La route passe à proximité de nombreuses colonies qui montrent la stratégie de conquête par Israël des collines entre Taybeh et Naplouse. Nous passons par un carrefour névralgique entre les axes Est-Ouest et Nord-Sud de la Cisjordanie, qui permet aux Israéliens, par un seul point de contrôle, de couper en deux la Cisjordanie. On contourne Naplouse et passons vers d'énormes carrières de pierre, la Palestine est le 10ème exportateur de pierres au monde.

Nous arrivons à Sabastiya, et prenons possession de nos chambres réparties dans deux maisons d'hôtes: la "Mosaïc Guest House" et la "Al Kayed Palace Guest House".

Nous prenons le repas au "Café des Sports": riz + poulet !!!

Catherine et Gérard

 

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Voyage 2016 mardi 8 novembre

Al AZZARIYYAH-JERICHO-Camp de Réfugiés D'AQABAT JABER

 

Après avoir passé deux nuits à Beit Sahour dans la maison 

d'hôtes tenue par l'Association des Femmes Arabes où nous avons pu apprécier le calme, la propreté du lieu et bien sûr l'accueil de ces quatre femmes  chaleureuses et souriantes, le ventre plein après un petit déjeuner varié et surtout de bonnes confitures !!( rien à voir avec celui de l'hôtel Rivoli à Jérusalem) nous partons en direction de Jéricho . 

Avant de prendre le bus, nous visitons en face de la maison d'hôtes le centre d'aide social des femmes. Les bâtiments ont été financés par l'Autorité Palestinienne mais ce centre fonctionne en autofinancement.

En arrivant nous découvrons la crèche dans laquelle une quarantaine de jeunes enfants de 2 mois à 3 ans sont répartis dans différentes petites salles. A l'heure où nous arrivons c'est le moment du petit déjeuner préparé dans l'atelier cuisine à l 'étage.  Certains petits sont un peu effrayés à notre arrivée et se mettent à pleurer.

En cuisine quatre jeunes femmes confectionnent des pâtes, préparent des légumes qui serviront à toute la communauté.

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En sous-sol un atelier papier et un atelier tissage emploient des handicapés. 

Les femmes s'occupent également d'un atelier de cultures de plantes qui seront vendues ensuite sur le marché.

A 9 heures nous sommes tous dans le bus pour prendre la route de contournement de Jérusalem réalisée en 1994  car les Palestiniens ne peuvent pas emprunter les mêmes routes  que les Israéliens. Mustafa, notre guide, nous invite à regarder la vallée encaissée au milieu des rochers du désert de Judée : c'est la vallée du Cédron appelée aussi vallée de feu où vallée de la mort, car il y a beaucoup d'accidents. C'est la route Nord-Sud Jérusalem, Bethléem, Hébron ,Jéricho,

Il nous explique que le Cédron qui se jette dans la mer Morte est complètement asséché car les Israéliens pompent toute l'eau pour les colons. C'est devenu une vallée poubelle où coulent les eaux usées.

Puis nous faisons un arrêt en bordure de route où nous avons une belle vue sur  Jérusalem et nous distinguons très bien le Dôme du Rocher. Ici les Palestiniens  viennent le soir, au coucher du soleil, rêver de Jérusalem qui leur est interdite s'ils n'ont pas une autorisation valable. 

 En 1989  Israël interdit aux Palestiniens d'emprunter cette route de Jérusalem et c'est seulement depuis trois ans qu'ils peuvent à nouveau se rendre ici.

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Puis nous  poursuivons notre route à la rencontre des populations bédouines via le comité populaire de la communauté al Jahalin. Nous sommes reçus sous une tente par Jabal al Baba, le chef du comité, qui nous expose les problèmes rencontrés par sa communauté. 

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Les Bédouins étaient des populations nomades millénaires. En 1948 lors de la création d'Israël le nomadisme est stoppé, les Bédouins sont expulsés du Néguev, deviennent semi-nomades, et se retrouvent coincés au sud de Jérusalem.  Ils vivent  désormais dans des abris de fortune en tôle.

Le roi Hussein de Jordanie a donné du terrain aux Bédouins et le pape Paul VI pour le remercier y fait construire des maisons en 1964. En 1967 débute des exactions pour les chasser de ce lieu qu'on appelle le Mont du Pape,  devenu alors propriété du Vatican. 60 % des terres appartenant à ces Bédouins ont été confisquées par les Israéliens pour  tracer des routes afin de relier les colonies entre elles, ce qui a entraîné des pertes de bétail  car moins de pâturages(500 têtes aujourd'hui contre 4000 avant).

Les militaires utilisent les terres bédouines pour des zones d'entraînement  et les munitions restantes causent de graves accidents chez les enfants.

Ici aussi la source d'eau voisine est pompée pour alimenter les colons voisins alors qu'elle est interdite aux Bédouins qui doivent acheter leur eau aux Israéliens.

Dans ce camp il y a 350 personnes réparties dans 56 familles dont 50 %  ont moins de 14 ans, 

L'année dernière Israël a démoli 37 maisons et cette année 16 ; ils subissent la persécution de l'armée chaque jour mais ils résistent. Seul le centre situé sur le Mont du pape, là où nous sommes reçus,  est protégé mais les maisons plus loin peuvent être détruites par l'armée sans vergogne.

Dans ce camp une complémentarité entre hommes et femmes existait :  les hommes allaient travailler en Israël tandis que les femmes s'occupaient de la fabrication du fromage et développaient de l'artisanat (broderies, etc.). Cela n'est plus aujourd'hui car sont parqués sur ce lieu, avec des troupeaux moindres et sans plus vraiment de travail pour tous.  

Des actions pour les jeunes sont envisagées : développement de l'aide médicale pour formation aux premiers secours, aide aux devoirs, aide à travers l'art ... 

Le chef du comité soulève également un problème important qui est celui du transport des enfants pour se rendre à l'école : actuellement ceux-ci doivent faire à pied  3 km pour  aller à l'école la plus proche. Gisèle prend acte de ses difficultés. Il émet également le souhait de recevoir des personnes voyageant comme nous,  pour échanger sur la vie de sa communauté à travers un film documentaire, voir y passer une nuit ; il aimerait aussi  que le Mont du Pape soit intégré dans le parcours de randonnée du « Sentier d'Abraham ».

(Un tourisme solidaire s'y développe, soutenu par la ville de Besançon qui vient de faire une exposition au centre diocésain  de Besançon « Rencontres sur le sentier d Abraham ») .

 

Nous voilà donc partis en direction de ce Sentier. Pause pique nique   pour se doper avant les 9 km qui nous attendent. De cet endroit nous dominons le monastère de Mar Saba. Saint Saba était un moine originaire de Cappadocce (439-532) qui s'installa en Palestine à  la fin du 5e siècle où il mena une vie d'ascète. Une douzaine de moines orthodoxes y vivent aujourd'hui (une centaine au siècle dernier).

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Après la descente des marches vers la vallée du Cédron, nous sommes « embaumés » par les eaux usées déversées par les Israéliens. Ho hisse ! Ça grimpe sec !!!! la preuve c'est qu'en arrivant sur le plat, Elisabeth constate avec effroi qu'une semelle de sa chaussure est en partie décollée mais Michel fait  preuve d'ingéniosité,  sort sa trousse de secours et répare au mieux à l'aide de sparadrap et bandage...

Puis Mustafa pas du tout inquiété, car le désert regorge « de trésors » surprenants, trouve quelques mètres plus loin  de la ficelle, un sac poubelle, tout le nécessaire pour tenter de préserver les semelles  jusqu'à l'arrivée. Les paysages somptueux du désert de Judée  défilent sous nos yeux, on croirait des dunes de sable du Sahara, mais en fait, ce ne sont que des rochers ! Au loin nous devinons les montagnes de la Jordanie et la Mer morte située à moins de 400 m sous le niveau de la mer. Ce lac salé  s'étend sur 80  km de long et 18 km de large.

Depuis 1980, la Mer Morte a diminué, d'environ 30% (évaporation naturelle qui n'est plus compensée par un apport suffisant en eau en raison des barrages de retenue aux principales sources du Jourdain).

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Pendant cette marche, nous avons été intrigués par la présence de véhicules stationnés dans la vallée. On a bien vite compris de quoi il s'agissait, en entendant de nombreux tirs. Mustafa nous a confirmé que  l'armée israélienne a pour habitude de s'entraîner dans le désert. Par précaution notre guide a modifié, sur l'avis d'un Bédouin rencontré en route, notre trajectoire. Pan pan!!!! des crépitements de toutes parts nous encerclent, ouf une anfractuosité dans la roche permet aux courageux que nous sommes de nous abriter pendant le défoulement des jeunes soldats !On apprend le lendemain par Mustafa qu'il s'agissait de balles « à blanc » : à vérifier peut être !!!!! 

Retenu par un check-point, notre chauffeur arrive à la nuit tombée pour nous récupérer sains et saufs. 

Le bus nous conduit à la mosquée de Nabi Moussa édifiée sous le règne

des mamelouks ; elle  abrite selon la tradition musulmane le cénotaphe du prophète Moïse.  Pendant le mandat britannique, le pèlerinage devint un  évènement politique donnant lieu à des marches de protestation contre le sionisme. Aujourd'hui, les pèlerins se rendent toujours à cet endroit qui est un hâvre de paix offrant la possibilité d'y séjourner quelque temps.

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La journée très riche en émotions et découvertes se termine au Women Center du Camp de réfugiés d'Aqabat Jaber, jumelé avec la ville de Besançon où nous nous posons pour la nuit dans les chambres d'hôtes tenues par les femmes du camp. Des embrassades, des rires, de la joie viennent ponctuer les retrouvailles entre ces femmes venues à Besançon en mai 2016 et une partie du groupe qui les a rencontrées lors de leur séjour franc-comtois.

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À tour de rôle, les sept femmes bénévoles qui animent le camp vont se présenter et préciser leur fonction principale.(cantine école, trésorerie, gestion maison d'hôtes etc. ...). Puis un super repas nous attend et la soirée se poursuit dans une ambiance décontractée. 

Fin de cette belle journée.

Marie France et Elisabeth

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02 décembre 2016

Voyage 2016 lundi 7 novembre

BETHLÉEM - HÉBRON  

Départ de la chambre d’hôtes de l’association « Union des femmes arabes » Beit Sahour, en direction de Bethléem. 

Visite de Bethléem

Bethléem est l’une des plus vielles villes cananéennes :2000 ans avant JC, bâtie près d’une source. Dans l’ancien testament, c’était FRATA la Fructueuse (lait, miel...), la maison de la Fertilité (viande, pain…). Jésus y est né en l’an -4 semble-t-il, car cette année-là, Hérode voulait tuer tous les premiers nés des garçons et l’étoile du berger pourrait correspondre à la lueur d’une comète de passage à cette époque (Halley ?).

Bethléem devient un lieu de pèlerinage chez les Croisés, puis la ville fut envahie par les Mamelouks.

En 1948, lors de la fondation de l’état d’Israël, on y comptait 90% de Chrétiens !

 Mais depuis, beaucoup de chrétiens sont partis… Aujourd’hui, on y compte 70% de Musulmans et…  des chrétiens qui possèderaient 70% de l’économie ! Le patrimoine ottoman y est assez important.

 

En 2000, Yasser Arafat eut pour projet la rénovation de la vieille ville et la mise en valeur des endroits où passaient les pèlerins. (Pilgrim en anglais). Les pays étrangers se sont alors empressés de donner de l’argent : on peut voir sur les murs des plaques- souvenirs gravées : France, Japon…En nous promenant dans la vieille ville, nous remarquons des marchés de vêtements d’occasion qui proviennent d’Europe (Secours Catholique, Emmaüs.) .On observe que les quartiers de la ville sont établis selon les professions des différents commerces.

 

Nous arrivons sur une grande place : La place de la Mangeoire.

Vue sur la Mosquée d’Omar datant de 1860 : c’était, à l’origine, une église chrétienne. A présent, c’est le seul lieu de culte musulman du centre-ville.  Nous observons un bâtiment imposant qui fut un commissariat-prison pendant plusieurs générations. En 1995 un appel d’offres est lancé pour la rénovation de cette place. Le projet suédois est retenu : les vieux bâtiments sont rasés et reconstruits sans tenir compte du patrimoine.

ÉGLISE DE LA NATIVITÉ

Nous pénétrons dans l’église de la Nativité (en rénovation jusqu’en 2017). Elle daterait de l’an 326, sous l’empereur Constantin, puis fut reconstruite vers 530 et remaniée par les croisés au Moyen Age. Nous continuons la visite avec un guide officiel. A l’intérieur, les travaux de rénovation (échafaudages) nous empêchent de voir en particulier la mosaïque des Rois Mages vêtus à la mode perse (ce qui aurait empêché, en 614,la destruction de la Basilique par les soldats  perses, ayant alors ravagé la Palestine ). La porte d’entrée est très basse, afin d’empêcher toute intrusion à cheval : c’est la porte de l’Humilité.

Nous admirons l’église orthodoxe, sans autel, et dans une cache sous le sol une ancienne mosaïque en forme de tapis, aux figures géométriques, découverte en 1927 à la suite d’un tremblement de terre. (Elle daterait du 4ème siècle.

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GROTTE DE LA NATIVITE  

Le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis juin 2012.

La mangeoire en bois d’origine serait à Rome.  Une foule immense est remarquée : beaucoup d’orthodoxes russes attendent pour visiter la grotte. Grâce à l’insistance de Gisèle, nous passons rapidement par petits groupes. Une étoile en vermeil datant de1717 marque l’emplacement où Jésus serait né. A côté, l’emplacement de la mangeoire en marbre est très éclairé.

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L’église Sainte Catherine jouxte l’église de la nativité, nous y observons un bas-relief en bronze offert par le pape Benoit XVI en 2009.Il représente la généalogie de Jésus depuis Abraham : Jésus serait un descendant du roi David. On y remarque que nous sommes tous égaux  dans les 3 religions monothéistes (toutes issues d’Abraham).

Visite du cloître de saint Jérôme qui fut le premier à traduire en latin la bible à partir de la version des Septantes (en grec) et de textes anciens (en hébreu).                                        

LE MUR  de SÉPARATION mais aussi d’ANNEXION !

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À l’extrémité de la ville, nous nous arrêtons devant une partie du Mur qui est devenu une véritable bande dessinée à ciel ouvert. Diverses fresques en couleur illustrent à la fois la résistance et le désir de paix des Palestiniens.

Au-dessus de nos têtes, des mitraillettes électroniques, des soldats israéliens armés et des caméras de surveillance nous interpellent. Au départ, la ligne verte (ligne de démarcation de 1967 entre Israël et la Cisjordanie) sur laquelle devait être construite un mur de séparation mesurait 310 km environ. Mais à présent, le tracé du mur dépasse 800km en raison des multiples enclaves annexant des terres palestiniennes ! Ainsi des Palestiniens sont encerclés, voire séparés dans leur propre territoire, qui rétrécit chaque année.

L’armée israélienne est très jeune (le service militaire est obligatoire durant 3 ans pour les garçons, et 2 années pour les filles). Les forces armées sont présentes partout : elles déshumanisent le Peuple palestinien. De plus, Israël s’attribue l’eau, le gaz et les territoires stratégiques (collines) en y implantant sans cesse de nouvelles colonies bien protégées par l’armée.

A proximité du mur, nous remarquons un hôtel de luxe avec sur la façade de nombreux symboles religieux : étoile de David, croix chrétiennes, versets coraniques et, à l’arrière… le camp de réfugiés d’Aïda. Cet édifice du début du XXème siècle, « Le Palais de Jacir », fut chargé d’une histoire familiale tragique et transformé en hôtel pour une clientèle de pèlerins aisés avec néanmoins, vue sur le camp de réfugiés d’Aïda, « pour qu’on n’oublie pas » comme le voulait Arafat !

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En route pour Hébron, nous faisons un arrêt dans l’atelier de souffleurs de verre et d’artisans- potiers au savoir-faire ancestral. Les poteries sont décorées à la main ! Nous en profitons pour y faire des achats personnels et pour le marché de Noël solidaire de Besançon.

HEBRON

Hébron signifie l’ami de Dieu. C’est une vieille ville moyenâgeuse : on y aperçoit quelques bâtisses anciennes aux toits ajourés (ce qui permettait de dormir au frais).Des échelles posées contre les fenêtres permettent aux habitants de rentrer chez eux car l’autre partie de la maison étant occupée par un poste de l’armée israélienne, ses habitants n’ont pas toujours l’autorisation d’y rentrer par la porte !

Le souk est déserté autant par les commerces que par les touristes. Nous sommes quasiment seuls dans ces tristes ruelles qui, jadis, nous dit-on, connaissait une vie intense.

Visite très rapide de la mosquée Al Ibrahimi car l’heure de la prière approche. Elle est séparée en 2 parties : synagogue et mosquée. Douze fois par an, elle est utilisée en totalité par les Israéliens pour les fêtes juives. Avant de pénétrer à l’intérieur, les femmes doivent enfiler une longue cape avec capuche. Nous y apercevons le tombeau des patriarches : Abraham, Isaac, Jacob et de leurs épouses (dont Sarah).

La tension entre les 2 communautés est palpable dans toute la ville : postes militaires aux soldats fébriles, enfants qui mendient, et nous suivent... Les maisons sont pour la plupart inhabitées, en ruines, ou elles ont été reprises par des juifs...

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En 1968, Hébron vit la première colonie juive s’implanter au centre d’une ville palestinienne (émigrés venant de New York qui s’installèrent dans un hôtel). Puis peu à peu la colonisation s’amplifia tant au centre-ville que dans ses faubourgs, malgré réticences internationales et manifestations palestiniennes donnant lieu à de violentes répressions de l’armée israélienne.

Autrefois, Hébron abritait 2800 commerces et à présent c’est une ville fantôme ! On apprend qu’au centre-ville, au milieu de 40 000 palestiniens…2 à 3000 soldats israéliens protègent environ 500 colons juifs provoquant pourtant quotidiennement la population palestinienne.

Par hasard, nous croisons 2 personnes : Ali (Suisse) et Sybria(norvégienne) qui portent l’écusson T I P H (Présence Internationale Temporaire à Hébron). Elles nous expliquent qu’elles sont là pour observer et rapporter les événements portant atteinte aux droits de l’homme, et établir un sas de sécurité. Depuis 1997, le T I P H est organisé par divers pays : Suède, Allemagne, Italie, Turquie…Cette organisation est neutre, mais elle subit des pressions de toutes parts dans cette ville.

 

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Soudain, la nuit est déjà tombée : un seul magasin du souk reste ouvert. Nous y effectuons quelques achats, avant de repasser les tourniquets du check point…Nous y sommes seuls dans le noir…  Nous nous hâtons pour retrouver le bus… et la maison d’hôtes de Beit Sahour dans laquelle nous retrouvons un accueil chaleureux. 

Marie-Odile et Denis Guénaud

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30 novembre 2016

Voyage 2016 - Samedi 5 novembre

 

JÉRUSALEM

Départ à 8h30 en bus pour visiter le Mont des Oliviers. Situé à l'Est de Jérusalem, il est séparé de la ville par la vallée du Cédron (lit d'une petite rivière). Outre le jardin de Getzémanie et différentes églises, on trouve sur ses flancs le plus grand cimetière juif au monde. Il est  dit dans la bible que c'est là que Dieu viendra pour le jugement dernier et la résurrection des morts et qu'il entrera dans Jérusalem par la Golden Gate (murée par Saladin) qui se trouve en face et, pour être les premiers à ressusciter , certains paient hors de prix une place dans ce cimetière.

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Du sommet du mont des Oliviers on a une superbe vue sur la vieille ville et l'esplanade du  temple (Dôme du Rocher et mosquée Al Aqsa) Au pied sud de l'esplanade, hors les Murailles de la Vieille Ville, 88 maisons palestiniennes ont été rasées pour faire un espace vert : le parc de Salomon !

En continuant vers le sud on peut voir la vallée de l'enfer où l'on jetait les corps des crucifiés. En regardant la ville on peut distinguer les différentes architectures des quartiers juifs et palestiniens, ainsi que les immeubles modernes de Jérusalem-ouest, On remarque aussi les monuments religieux comme l'église de la Dormition de Marie ou le bâtiment où aurait eu lieu la Cène (annexé par les juifs et prêté aux chrétiens uniquement au moment de Pâques), ou encore le Dôme gris du Saint Sépulcre, etc...

Derrière nous sur le sommet se trouve l’Hôtel des 7 ARCHES , l'ancien Hôtel Intercontinental qui était le siège de l'OLP et qui appartient maintenant à l'Arabie Saoudite.

 

Pendant que nous marchons et regardons le panorama, une jeune militaire francophone nous interpelle. Après un moment de discussion sympathique nous lui demandons la raison de sa patrouille avec un autre militaire à cet endroit, Elle nous répond sans détour : « Nous surveillons pour qu'ils ne vous fassent pas de mal ! ». Et quand nous lui demandons son opinion sur les colonies elle nous dit sérieusement qu'il n'y a pas de colonies de vacances en Israël !! (réponse toute faite ou incompréhension !?) nous restons sur notre faim...

 

Nous continuons notre route pour nous rendre sur l'autre versant vers Essawiya et passons devant un hôpital financé par des pays arabes, et où les Palestiniens viennent faire soigner leurs blessés lors de confrontations avec les lsraéliens. Ceux ci n'hésitent pas alors à fouiller dans tout l'hôpital pour récupérer les blessés pour des interrogatoires, ou même pour prendre leurs corps s'ils sont décédés pour empêcher leur inhumation (moyen d'intimidation très fort mais lamentable !). Sur l'autre versant, nous nous arrêtons à proximité d'Essawiya, petit village traditionnel dont les terres ont été confisquées par des colons polonais et russes. C'est devenu une petite ville de 30 000 habitants, avec une base militaire. Sur les crêtes environnantes on distingue d'autres colonies qui font que depuis les années 1970 ce sont 85 000 colons installés sur des terres palestiniennes qui sont ainsi rattachés à Jérusalem. De cette façon, les paysans palestiniens sont privés de terres et n'ont d'autres solutions que de devenir de la main d’œuvre bon marché pour Israël. 

De l'endroit où nous stationnons nous pouvons apercevoir le début du désert de Judée (appelé aussi désert de Jérusalem) qui descend en une immense faille tectonique vers le Jourdain et la mer Morte. Il forme une vaste cuve, la plus basse du monde (-430 m à la mer Morte, -220 m à Jéricho), où la température ne descend pas en dessous de 22°C. 

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Nous reprenons la route pour le village de Nabi Samuel, rattaché à Jérusalem depuis 1967. Nabi signifie prophète : le prophète Samuel était le juge qui a désigné Saül et David, les deux premiers rois d'Israël. Le village, situé au sommet d'une colline, offre une position stratégique à qui le possède. On dit que c'est là que se trouve le tombeau du prophète Samuel. Pour ces raisons Israël a annexé ce village, l'a détruit pour en faire partir les habitants et a camouflé la destruction en restaurant les ruines pour faire croire à des fouilles d'un site vieux de plusieurs siècles. Autrefois appelé Mont de la Joie par les Croisés (car il leur a offert leur première vue sur Jérusalem), ce lieu chargé d'histoire et de culture palestinienne a été transformé par Israël en parc national de culture exclusivement juive niant ainsi toute trace palestinienne sur cette terre. 

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Du sommet de la mosquée qui domine ce village on peut voir la route qui coupe la Cisjordanie en deux et des colonies qui font du vin avec des vignes palestiniennes confisquées. 

Un peu plus bas, le village est reconstruit en tôle par une vingtaine de familles qui résiste. Les femmes se sont organisées en association pour faire revivre le village et y proposer des activités. Nous sommes reçus pour manger par leur présidente qui s'appelle Nawal Barakat qui nous décrit en quelques mots la vie au village. 

Face aux interdictions d'en sortir sans autorisation, ou de posséder certains biens, ou d'acheter certaines denrées, il faut s'organiser :

  • introduire illégalement des moyens de subsistance( par exemple des poules pondeuses pour avoir des œufs, alors que cet élevage leur est interdits par Israël) ;
  • se débrouiller soi-même pour scolariser les très jeunes enfants au village car pas d'école ;
  • envoyer les plus grands dans les écoles des villages voisins difficiles d'accès ; 
  • organiser un peu de vie sociale ( terrains de jeux pour les jeunes ; création de quelques emplois sur place...)
  • faire une route d'accès pour le bus scolaire ; 
  • discuter et prévoir différents projets (ainsi pouvoir faire des enclos protecteurs autour des jardins cultivés pour les protéger des animaux venant de l'extérieur ; envisager un centre d'activités pour les enfants quand ils sont en vacances...). 

 

La France s'était investie par l'intermédiaire du consulat de Jérusalem dans la création d'un lieu de vie où le village pouvait se retrouver, partager sur les différents problèmes et avoir quelques activités tel soutien scolaire ou activités culturelles. C'était un container que les gens du village avaient aménagé et où l'association des femmes avait son siège. C'était un lieu de vie, d'échanges et d'accueil qui, un matin de septembre dernier, a été détruit au bulldozer par les soldats israéliens. Nous allons, silencieux, sur les lieux du saccage...

 

« Palestine Amitié » avait appris cette destruction ainsi que d'autres saccages sur le village. Aussi, notre association avait récolté des fonds (en particulier auprès des participants de précédents voyages qui étaient déjà venus rencontrer ces femmes) et Gisèle a été chargée de remettre ces dons à Nawal pour soutenir et aider cette association de Femmes  dans les  actions qu'elles mènent. La présidente nous en remercie. Elle nous dit qu'il est important de venir les voir, les encourager dans leur résistance à ne pas quitter les lieux comme le voudraient les Israéliens et nous demande d'intervenir auprès de notre gouvernement et de nos représentants  pour qu'un soutien politique plus grand leur soit accordé contre l'occupation et la colonisation qui les ravagent et les empêchent de vivre dignement.

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A 14h nous partons pour Ramallah voir l'association « Stop the Wall ». C'est une association créée en 2002, lancée par des sociologues et des spécialistes de la politique palestinienne qui œuvre sur trois axes :

  • mobilisation populaire ;
  • travail à partir de documents et archives des médias nationales et internationales pour montrer les différentes violations des Droits de l'Homme par Israël ;
  • construction d'une solidarité internationale pour faire tomber le mur.

 

En 2004, après la condamnation d' Israël par le Tribunal de La Haye, ils démarrent un travail avec des partenaires européens (associations, syndicats, plate-formes culturelles, instituts...) et ils s'associent à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction).

BDS est une campagne en vue d'exercer des pressions sur l'économie d'Israël et sur ses relations de coopération en générale avec d'autres pays, qu'elles soient artistiques, sportives ou universitaires, en vue de trois objectifs :

  • en finir avec l'occupation des territoires depuis 1967;
  • en finir avec la ségrégation et une situation d'apartheid subies par les Palestiniens qui  n'ont pas de statut réel ;
  • exiger le droit au retour  des réfugiés de 1948 et 1967 (50 % de la population)

 

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Cette campagne qui unifie les Palestiniens sur place ainsi que ceux des camps du Liban, de Jordanie, et de Syrie, a reçu l'aval de la communauté internationale car elle s'appuie sur les résolutions de l'ONU et le droit international. Mais Israël en 2003 a essayé de contrer cette initiative en emprisonnant les principaux organisateurs et coordinateurs de cette campagne. Les documents et archives de l'association ont été confisqués, voire détruits et depuis, les militaires israéliens continuent de passer régulièrement dans les locaux de l'association pour prendre les ordinateurs, pour arrêter et emprisonner les militants afin de les intimider. 

 

Les militants ont fini par se poser des questions sur l'utilité de leur mouvement. Leur réponse est mitigée mais ils pensent avoir réussi à mobiliser pour résister : cela a permis de soutenir des agriculteurs face aux colonies.

Ils ont aussi décidé d'élargir leur champ d'action et de s'associer à d'autres mouvements tels que :

  • proposition d'autres alternatives syndicales se dégageant des partis traditionnels(tels  Hamas, OLP, ou Fatah ;
  • formation de jeunes pour être plus actifs dans la population ;
  • réalisation du forum de la jeunesse palestinienne,
  • mise en place d'un projet qui vise à sauvegarder la vallée du Jourdain. 

 

Pour ce dernier point, nous avons rencontré le coordinateur de ce projet, Abou SAQER  car il était  dans les locaux de l'association, tout juste revenu de Genève où, une énième fois, il était allé dénoncer les ravages et les violence de l'occupation militaire et de la colonisation grandissante.  Celui-ci est un Bédouin harcelé et opprimé par Israël qui veut  faire partir de ses terres de la vallée du Jourdain toute sa communauté. Sept fois son campement a été détruit, sept fois reconstruit. Son cheptel a été empoisonné plusieurs fois par les colons, mais il résiste et reste coûte que coûte sur sa terre. 

Gisèle lui remet un don collecté auprès d'adhérents de Palestine-Amitié et surtout de participants au voyage de 2014 qui l'avaient alors rencontré sur ses terres arides entourées de colonies et qui avaient appris, l'hiver dernier, le nouveau saccage de son camp par l'armée israélienne. 

Il fait des conférences à l'étranger et fait un travail conséquent pour apporter des aides aux agriculteurs de la vallée du Jourdain, comme lui menacés, les fédérer, organiser des replantations d'oliviers et arbres fruitiers afin de se maintenir sur leurs terres. 

Il nous explique qu'en agissant ainsi il est devenu un symbole de la résistance et donc un danger pour Israël. Mais aussi pour l'Autorité palestinienne dont l'oligarchie s'est alliée à Israël pour faire cesser les résistances. La police palestinienne intervient de plus en plus pour réprimer les révoltes et de ce fait, il pense qu'il y a un risque de confrontation directe entre Palestiniens et danger de guerre civile. Il axe donc beaucoup son travail sur la paix sociale. 

Abou SAQER voit les difficultés augmenter. Il nous dit que le peuple palestinien en général en a assez de cette Autorité palestinienne qui ne les représente plus. Il n'y a plus de chef politique charismatique comme ARAFAT et les principaux dirigeants sont corrompus. Il pense que les Palestiniens ne sont plus unis comme ils l'ont été auparavant et qu'Israël n'est que la main armée d'une conspiration arabo-européenne-sionniste. 

Il nous dit vouloir lutter pacifiquement contre Israël car il n'a rien contre les juifs. Mais contre le sionisme qui veut s'accaparer du pays dans son entier. Il désire seulement qu'ils comprennent que le Palestinien et sa terre sont indissociables, comme l'arbre et ses racines. 

 

Suite à ces témoignages forts et émouvants de toute la journée, c'est en se posant pas mal de questions que nous rentrons à l'hôtel Rivoli pour notre dernière nuit à Jérusalem.  

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                      GABRIEL

 

 

 

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29 novembre 2016

Voyage 2016 - Vendredi 4 novembre

 

 Jérusalem.

 

Attaquons ! La journée du 4 sera consacrée à la vieille ville de Jérusalem, mais nous ne partirons pas sans biscuits.

Depuis notre hôtel, avec documents en mains, premier (et pas dernier) tour d'horizon historique de Mustafa sur la Palestine et Jérusalem :

- Palestine historique (avant la Nakba en 1948) : 27845 kms², soit à peu près la superficie de la Belgique.

- Cisjordanie : 5800 kms², soit environ la superficie du département du Doubs.

C'est un pays de passage qui a subi de multiples invasions :

- 4000 av.J.C. : immigration venue d'Arabie saoudite, naissance des Cananéens, de langue sémite.

- 1420 av.J.C. : un pharaon égyptien prend le pouvoir et l'Egypte règne pendant plusieurs siècles.

- 722 av.J.C. : prise du pouvoir par les Assyriens.

- 587 av.J.C. : les Babyloniens renversent les Assyriens. Ils détruisent le premier Temple construit par Salomon et déportent la plus grande partie de la population. Sur les 12 tribus d'Israël, seules deux subsistent, celles de Juda et de Benjamin ; c'est le début de la Judée. L'élite intellectuelle est envoyée à Babylone.

- 333 av.J.C. : Alexandre le Grand chasse Cyrus.

- 63 av.J.C. : au nom de Rome, Pompée conquiert la Palestine. C'est le roi Hérode qui l'administre, bâtit la ville de Jérusalem et le deuxième Temple.

- 70 ap.J.C. : révolte de la Palestine juive. Titus détruit Jérusalem et le Temple.

- 614 ap.J.C : arrivée des musulmans qui démolissent toutes les églises sauf celle de La Nativité.

- 11° siècle : croisades.

- 13° siècle : conquête par les Mamelouks égyptiens.

- 16° siècle : prise du pouvoir par les Ottomans qui exploitent la Palestine pendant 400 ans.

(remarque – en 1620 : Luther découvre la lecture du Talmud et initie le départ des Juifs vers la Palestine.)

- À partir du milieu du 19° siècle, avec le réveil des nationalismes, les Juifs revendiquent un état. La déclaration Balfour du 2/11/1917 amorce la création à terme d'un état religieux en Palestine. Ce sera chose faite le 14 mai 1948. Ce sera aussi le début des problèmes pour les Palestiniens.

 

 

Commençons la visite :

La grotte de Salomon, les remparts et la porte de Damas :

Les remparts ont été élevés par Soliman le Magnifique en 1550 sur les débris de l'ancienne ville. Ils sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco sur l'initiative de la Jordanie. La grotte de Salomon est en fait une carrière qui a servi à bâtir le mur, mais selon la légende, Salomon y aurait enfermé son lion.

La porte principale, porte de Damas, est toujours appelée porte de la colonne par les Palestiniens, alors que la colonne en question, érigée par l'empereur romain Hadrien en 132 a été détruite en 1550 : signe de la force de la tradition mémorielle. Mais depuis octobre 2015, ils l'appellent aussi Porte des Martyrs car 20 jeunes y ont été tués depuis l'Intifada.

Porte de Damas

Porte de Damas

La vieille ville :

Elle conserve son plan romain (cardo/decumanus) orthogonal, au contraire des villes arabes. Le cardo  reste l'axe commercial, mais aussi celui par lequel les trois religions vont prier. En 800, Charlemagne demande que tous les pèlerins puissent habiter près des lieux saints : la vieille ville se structure par quartiers dans lesquels se côtoient églises et mosquées. Après 1918, les Anglais scindent la ville en quatre quartiers : musulman, chrétien, arménien, maghrébin. Les Maghrébins s'y étaient installés au 12° siècle après leur intégration aux troupes de Saladin, les Arméniens après le génocide de 1915. Dans le quartier maghrébin, artisans arabes, juifs séfarades et ashkénases, population pauvre et pieuse proche de ses lieux de culte, se côtoyait; mais le 5/6/1967, les Israéliens rasent ce quartier pour en faire un quartier juif qui n'existait pas jusque-là et formellement interdit aux non-juifs. L'évolution de la démographie confessionnelle est parlante : le quartier chrétien ne contient plus que 1200 habitants, le quartier arménien 600. En revanche, le quartier juif, en pleine progression, regroupe déjà 3000 habitants.

Nous avons bien arpenté la vieille ville dans toutes ses composantes des plus connues aux plus insolites ; on ne va pas vous infliger la description des grands lieux emblématiques, le guide bleu le fait bien mieux que nous :

- La via dolorosa, chemin de croix du Christ.

- La basilique Sainte Anne : maison de naissance de la Vierge et propriété française

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Choeur de la Basilique Ste Anne

- La porte des Lions, lieu de la lapidation de Saint Etienne.

- L'église de la flagellation.

- Depuis la terrasse de l'hospice autrichien, vue générale sur la vieille ville et l'esplanade des mosquées qui nous permet de mesurer l'imbrication des religions : pour les Juifs, le mont du Temple sur lequel fut bâti le temple de Salomon et où Abraham a voulu sacrifier son fils Isaac, pour les Musulmans,  ce même lieu –dit Esplanade des Mosquées-  fut celui de l'ascension de Mahomet sur son animal volant Al Bouraq. Jean-Pierre nous fait part de son interprétation théologique de haute volée : "C'était pour s'envoyer en l'air". Enfin, au pied du mont, le mur des Lamentations dont le soubassement date d'Hérode, est devenu le lieu symbolique du judaïsme en 1930.  De cet observatoire, on peut voir aussi,  par les drapeaux flottant sur les édifices, la judaïsation importante de la Vieille Ville .

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 judaïsation de la vieille ville

- Le Saint Sépulcre : lieu présumé de la Passion et tombeau du Christ. Le lieu draine des foules en transes. Nous ne nous y sommes pas mêlés. Mustafa, grand laïcard devant l'Eternel, nous a livré sa version personnelle de la notoriété de l’endroit: Sainte Hélène, pionnière du marketing, a su vendre le lieu en envoyant des petits morceaux de la Croix partout dans le monde bien avant ceux du Mur de Berlin ; les fonctionnaires de toutes les religions ont relayé…

Plus insolites :

- La maison d'Ariel Sharon en plein quartier musulman, garnie de drapeaux israéliens, avait été achetée à prix d'or à un Palestinien. Il a été pendu par ses fils pour avoir trahi son peuple.

- Le Hosh édifice mamelouk du 13°siècle, immeuble communautaire, sorte de phalanstère palestinien. Au 20° siècle, les Hosh regroupent des élites, par professions (médecins, avocats...) ou par confessions et opinions (soufistes, communistes...) ce qui en fait des lieux de contestation.

 

Entrée d’un Hosch  du 13e s

- Hors murailles, le cimetière musulman, sous l'esplanade des mosquées,  nous permet un aperçu sur les trois cimetières de Jérusalem :

+sur la pente du Mont des Oliviers, le cimetière juif, réservé aux riches Juifs du monde entier (180 000 euros la sépulture) qui espèrent suivre le Messie à son retour. Il est de loin le plus important et s'étend de plus en plus.

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Cimetière juif au Mt des Oliviers

+dans la vallée du Cédron, le cimetière chrétien, beaucoup plus modeste.

+au pied du Mur initial, tourné vers l'est, le cimetière musulman.

- Le souk de coton construit en 1260 était le lieu de stockage et de vente du coton rose de Tibériade jusqu'en 1967. Après 1967, Israël a bouché une partie des ouvertures pour empêcher l'accès à l'esplanade des mosquées. Mais les Palestiniens ont obstinément continué à le faire vivre et à le rénover ; on n'y vend plus de coton, mais il est devenu un lieu social (restaurants, fumeries de narguilé...). On s’y est assis pour faire une pause et déguster falafels, thé à la menthe, café à la cardamome ou jus de grenade…

- Le Sabil, fontaine du 15°siècle qui rappelle que dans la culture arabo-musulmane, l'eau est gratuite et donnée à tous. La cuve est un sarcophage romain qui rappelle que la mort, elle aussi, doit être gratuite.

- Le quartier juif, en plein début de Shabbat ce vendredi soir, habité exclusivement par des Juifs orthodoxes nous offre un spectacle exotique : papillotes, chapeaux, toques de fourrure, manteaux pour les hommes, perruques, jupes longues pour les femmes.

Juifs chapeautés web

Juifs chapeautés pour le Sabbah

Le respect aveugle des traditions entraîne des situations cocasses : l'un d'eux nous interpelle "Help me !", nous demande si nous sommes juifs et sur notre réponse négative souhaite que nous appuyions pour lui sur une sonnette électrique, geste interdit en temps de Shabbat. Devant la nouvelle synagogue nous nous arrêtons : construite en 2010, elle domine par sa taille et sa hauteur tout le quartier juif et tente de rivaliser, par son ampleur, avec la grande mosquée.

Les Israéliens tiennent militairement la vieille ville, théoriquement sous administration de l'ONU. Chaque porte est tenue par une escouade de 8 à 10 soldats, équipés de gilets pare-balles et de fusils d'assaut, doigt sur la gâchette. On retrouve les mêmes groupes à l'intérieur de la ville. Leur attitude tendue n'incite pas au dialogue. On assiste régulièrement à des contrôles musclés de jeunes Palestiniens…

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Police vieille ville web

omniprésence militaire

Anne et Laurent


 

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